Plaques de pierres : la solution de levage qui soulage les équipes de Cheminées Jouvin
La société bretonne Cheminées Jouvin qui emploie quinze salariés en Ille-et-Vilaine vient d’investir 30 000 euros dans l’amélioration des conditions de travail et dans une potence munie d’un palonnier à ventouse. Cet équipement, subventionné à hauteur de 70 % par la subvention prévention des risques ergonomiques (Fipu), permet à l’entreprise d’écarter les risques de TMS, mais aussi d’écrasement. Et de surcroît, de gagner significativement en productivité. Explications.
Date : 05/02/2026
Armelle Gegaden

© DR
Installée depuis 40 ans en Ille-et-Vilaine, la société Cheminées Jouvin (15 salariés, 2 millions d'euros de chiffre d’affaires) façonne des matériaux nobles. La société installe des poêles à bois, à granulés, mais également des cheminées classiques ou modernes, confectionnées sur mesure dans son atelier d’habillage. Pour agrémenter l’esthétique autour des foyers et des inserts, son équipe utilise du granite, de l’ardoise et de la céramique. De très lourdes plaques, de 500 à 700 kilogrammes, transitent dans son atelier, du rack de stockage à la planche de découpe, puis au plan de façonnage.
Poids de l’habitude et prise de conscience
« La société a été créée au début des années 1980 et, par habitude, nous avons gardé sa façon de faire. Mais il y a un an, j’ai eu un électrochoc en voyant les salariés manipuler la pierre. Je me suis dit que nous devions nous améliorer », raconte Cyril Laune, qui a repris cette société en 2018, après un parcours dans la fabrication de produits industriels dans le secteur du bien-être.
Avant cette prise de conscience, l’équipe utilisait un charriot à fourches et une pince à crocodile pour lever les plaques. La tranche de matériaux est ainsi déplacée vers la table de découpe. « Ensuite, cela nécessitait d’être cinq personnes dont une sur la table, pour mettre la plaque à l’horizontale. C’était assez pénible », se rappelle Pascal de Chappotin, marbrier salarié depuis sept ans chez Cheminées Jouvin.
La solution : une potence munie d’un palonnier à ventouse
Sensibilisé aux questions de santé et de sécurité, le dirigeant qui collabore avec l’OPPBTP depuis quatre ans identifie des risques de blessure notamment aux mains, aux tibias, des risques d’écrasement et, à plus long terme, l’apparition de troubles musculosquelettiques (TMS). Il s’interroge sur l’opportunité de changer de machine, pour un budget de 80 000 euros. Mais ce changement ne répond pas totalement à sa problématique. Lors d’un rendez-vous, il demande à son conseiller de l’OPPBTP comment améliorer le poste de travail. Les échanges débouchent sur une solution agile : installer une potence munie d’un palonnier à ventouse. « C’est une bonne solution, car cela permet à l’opérateur de lever la plaque en toute sécurité et de la tourner à 90 degrés en douceur, en sachant que le matériau est fragile », explique Slimane Aimeur, conseiller en prévention.
Un projet rapide mené en trois mois
Une fois la solution choisie, le projet est mené tambour battant. Cheminées Jouvin retient la solution du fabricant d’équipements de levage et de manutention AMIO (Assistance maintenance industrielle de l'Ouest). Il fabrique et intègre une potence sur-mesure pour les usages spécifiques de l'entreprise. Cette intégration nécessite de modifier la charpente du toit et de réaliser un massif en béton pour la potence. Cheminées Jouvin s’organise pour continuer à produire. Heureusement, les travaux sont réalisés rapidement, grâce à la mise en relation avec des artisans rompus à l’exercice. « Nous nous étions donnés trois mois. Les délais ont été tenus », atteste Cyril Laune.
La potence permet à l’opérateur de lever la plaque en toute sécurité et de la tourner à 90 degrés en douceur Une subvention de 70 % du montant de l’équipement
L’investissement de 17 000 euros dans la potence et la ventouse est éligible au Fipu, le fonds d'investissement dans la prévention de l'usure professionnelle. Ce fonds soutient la prévention des risques ergonomiques, notamment les manutentions manuelles de charges, les postures pénibles et les vibrations mécaniques. « Notre comptable s’est occupée du dossier avec le prestataire. La subvention de 70 % de l’investissement a été versée rapidement, à la fin des travaux », poursuit Cyril Laune.
13 000 euros de plus pour améliorer les conditions de travail
La démarche permet d’améliorer les situations de travail dans l’entreprise, de réduire les TMS et de gagner du temps pour les chantiers. C’est assez simple à déployer, complète Slimane Aimeur : « Un dirigeant qui souhaiterait se doter d’un accessoire de levage de ce type, peut contacter un conseiller OPPBTP pour réaliser un diagnostic à l’atelier ou sur chantier. Il sera orienté vers des exemples de produits, charge à lui de contacter les fournisseurs de son choix et la Carsat. Elle subventionne ces équipements à hauteur de 70 % ». Pour Cyril Laune, cette subvention l’a finalement décidé à investir davantage : 13 000 euros de plus pour améliorer les conditions de travail et réaliser quelques mises aux normes dans l’atelier.
Fidélisation de salariés aux compétences rares
In fine, tout le monde a gagné en sérénité. « Nous avons significativement écarté les risques », glisse Cyril Laune. Plus généralement, son investissement dans la sécurité a un impact sur la gestion de ses ressources humaines. « Nous avons de la chance d’avoir des salariés fidèles. Ils sont reconnaissants de l’attention portée à leur sécurité. Mais comme nous tous, ils vieillissent. Nous devons les préserver et en prendre soin, par principe et parce que leurs compétences sont rares ».
Un temps de manipulation divisé par trois
Cerise sur le gâteau : l’entreprise a gagné en productivité. « Nous avons divisé par trois le temps de manipulation de la pierre, voire davantage », estime Pascal de Chappotin pour qui cet aménagement de poste facilite le quotidien. « Je n’ai plus besoin d’attendre 5 ou 6 heures des collègues pour manutentionner les plaques de pierre. Désormais, j’utilise la ventouse, je déplace la plaque tout seul. Je peux la remettre en place en autonomie pour débiter un autre morceau. Nous sommes donc beaucoup plus réactifs ! »
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