« Les jeunes choisissent de plus en plus l'apprentissage, ce qui confirme la quête de sens de la nouvelle génération »
Franck Le Nuellec, directeur marketing du CCCA-BTP. En quoi ce baromètre est-il innovant ?
Ce baromètre est singulier sur le fond, car il n’y a pas d’équivalent, quelle que soit la filière, en offrant une double vision, celle des apprentis et des entreprises. Chaque année, nous apportons, grâce à ce baromètre, une vision à 360 ° des trois acteurs clés de la formation professionnelles que sont l’apprenant, l’entreprise et l’organisme de formation. Cela nous permet de faire ressortir des éléments de comparaison et de mesure de la performance de l’apprentissage, avec notamment les causes des ruptures des contrats ou encore une vision sur la santé des apprentis.
Ces baromètres sont un véritable outil d’aide à la décision pour les centres de formation dans le cadre de la démarche qualité Qualiopi et de l’élaboration de leur stratégie de développement. Toutes les données sont consultables sur notre site dédié https://reperes.apprentissage-btp.com/. Avec un recul de plus de sept ans, nous apportons une vision consolidée de l’évolution de l’apprentissage à l’ensemble des acteurs de la filière BTP.
Quelles sont les grandes tendances observables ?
Il est clair aujourd’hui que les jeunes ne subissent plus, mais choisissent de plus en plus la voie de l’apprentissage du BTP. C’est un véritable choix dans le cadre de l’orientation, et cet élément important est corrélé avec la quête de sens de la nouvelle génération. Quel que soit le profil des apprenants, on remarque également un engouement pour les enjeux climatiques (près de 6 apprentis sur 10 souhaitent s’engager dans sa préservation). Près de 70 % des apprentis répondants sont des ados de moins de 18 ans, sans la prise de recul des plus âgés sur les questions de l’environnement, et les indicateurs sur l’environnement sont donc très bons selon notre analyse !
Quels sont les choix des apprentis en termes de type d’entreprise ?
Les jeunes interrogés veulent majoritairement rejoindre des entreprises de petite taille, des TPE qui sont d’ailleurs majoritaires dans la formation par alternance. Ils veulent en effet constater le résultat direct de leur travail, et cela va de pair avec leur quête d’autonomie et l’implication de ces entreprises dans le tissu territorial où elles sont implantées.
Moins de la moitié des apprentis jugent leur état de santé bon, n’est-ce pas alarmant ?
Au regard des chiffres que l’on peut avoir par ailleurs (dans les facs et universités), ce n’est pas pire qu’ailleurs. Ce n’est pas alarmant mais cela doit être pris en considération. Ces mauvais états de santé peuvent être liés aux conséquences de la période Covid, et il faut d’ailleurs distinguer les effets d’ordre physique et psychologique. Ces données sont surveillées par les CFA, ce qui leur permet d’être au plus près des jeunes, notamment sur le plan des addictions et celui de leur santé mentale liée à la période et à la société d’aujourd’hui.