Le caractère collaboratif du BIM offre aussi des opportunités intéressantes. Tous les acteurs d’un projet alimentent en effet la maquette avec leurs données, centralisées en un point unique. « Cette centralisation peut être utilisée à des fins de prévention », expose Erwan Bidan, qui prend l’exemple de l’amiante. Ainsi, dix ans après la réalisation d’un diagnostic amiante – et pourvu que les informations qu’il contient aient été intégrées – il sera possible non seulement de réinterroger la maquette pour savoir si l’ouvrage contient de l’amiante, mais « on pourra aussi géolocaliser précisément les éléments amiantés, offrant une représentation complémentaire des seules informations écrites contenues dans le diagnostic », poursuit le responsable d'opérations.
Mais l’un des aspects les plus prometteurs du BIM vis-à-vis de la prévention est peut-être la notion de 4D. En ajoutant la dimension temporelle aux trois dimensions spatiales, le BIM offre la possibilité de visualiser la chronologie des travaux, « ce qui offre notamment la possibilité d’identifier les coactivités de manière automatisée, et donc de prévenir les risques qui y sont liés », détaille Erwan Bidan.
Le rapport de l’OPPBTP explicite tous ces éléments et bien d’autres encore. Il démontre aussi que tous les acteurs du projet – des entreprises de travaux au maître d’ouvrage en passant par le maître d’œuvre et le CSPS – peuvent, chacun à leur niveau de responsabilité, mettre à profit le BIM pour répondre à leurs obligations en termes de sécurité et de santé, et ce à toutes les phases de la vie du projet, y compris pendant l’exploitation. On le perçoit, la publication de ce rapport s’inscrit dans une dynamique nouvelle, symbolisée notamment par le lancement par l’État du plan BIM 2022 . Force de proposition par les travaux qu’il mène, l’OPPBTP compte bien l’accompagner, au service de tous.