« Tout l’enjeu de l’impression 3D est de rendre cette technique structurelle pour qu’elle puisse monter en puissance et se généraliser, indique Xavier Guesnu, directeur général Lafarge France. Notre expertise en matière de développement de béton prêt à l’emploi, parfaitement adapté à l’usage des éléments constructifs à imprimer, sert cet objectif que s’est fixé le groupe Spie batignolles. »
Lors des premiers tests, Lafarge a proposé une encre particulièrement performante en termes de résistance mécanique, de robustesse, et donc à fort prix de revient, affirment les partenaires. Au fur et à mesure des expérimentations, Lafarge réfléchit à la conception de nouvelles encres plus adaptées à la nature et à l’utilisation des éléments imprimés en 3D, tels que les boîtes de réservation, les nœuds de poutre ou les coffrages qui permettent de concilier qualité, coût et rapidité d’impression. Parmi ces nouvelles encres à développer, trois sont inscrites dans le cadre d’un partenariat d’innovation et de développement entre Spie batignolles et Lafarge France, signé en janvier 2024, dont une encre avec une formulation bas carbone qui afficherait les mêmes résistances qu’une encre standard.
« Il y a une véritable volonté de notre part d’intégrer l’impression 3D dans nos projets de façon quasi- systématique. Toutes les avancées menées depuis presque deux ans sont concluantes et démontrent que l’industrialisation de nos métiers est en marche. Notre productivité augmente, avec des encres de plus en plus perfectionnées et bas carbone, et un meilleur positionnement prix », indique Alexis Hermet.
Des enjeux de décarbonation
Avec sa marque EmPrinte, Spie batignolles propose l’impression d’éléments constructifs et de mobiliers urbains en 3D. Il entend ainsi :
- disposer d’un outil interne pour produire en impression 3D ses propres éléments constructifs dans une logique d’industrialisation et de décarbonation de ses process,
- commercialiser une offre dédiée à l’impression 3D d’éléments constructifs et de mobiliers urbains pour le compte de tiers.
L’impression 3D constitue également un élément de réponse face aux enjeux de décarbonation.
Le développement de l’activité de sa marque EmPrinte contribue ainsi à réduire le bilan carbone sur plusieurs plans :
- la préservation de la ressource en matière première. L’impression 3D permet d’employer la juste quantité de matière nécessaire, d’alléger globalement les éléments et de réduire les déchets du chantier (exemple : les coffrages des boîtes de réservation).
- l’emploi d’encres bas carbone à résistance mécanique identique à des encres standards,
- la régionalisation de l’activité EmPrinte pour livrer au plus proche des chantiers de Spie batignolles et de ses clients. Spie batignolles vise à développer davantage ce maillage géographique.
Globalement, l’objectif est de diminuer entre 30 % et 50 % les émissions de carbone des éléments produits en impression 3D par rapport à un mode constructif traditionnel.