Comment désamorcer les conflits sur le chantier ?
Un chantier ne se passe jamais comme prévu. Il est donc nécessaire de s’accorder sur la gestion des aléas pour éviter les conflits.
Publié le : 13/05/2026
Armelle Gegaden
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Un chantier ne se passe jamais comme prévu. Il est donc nécessaire de s’accorder sur la gestion des aléas pour éviter les conflits.
Publié le : 13/05/2026
Armelle Gegaden
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En résumé :
Article paru dans le magazine PréventionBTP n° 305, avril 2026 (p. 6)
Les aléas sont fréquents dans le BTP. Savoir s’y adapter est tout un art. C’est la vie normale des chantiers. La bascule vers les risques psychosociaux (RPS) s’opère quand ces tensions sont récurrentes, débordent et génèrent stress et conflits. Les cumuls de dysfonctionnements (manque d’outils adéquats, manque de temps suffisant) mettent de l’huile sur le feu et peuvent saturer les capacités d’adaptation de chacun. « Il peut y avoir des tensions quand les personnes n’ont pas la même idée sur les façons de faire, explique Evelyne Escriva, cheffe de projet à l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact). Le chef d’équipe qui comprend les différents points de vue peut faciliter le travail collectif. »
L’enjeu est donc de s’accorder sur le travail pour résoudre les désaccords. Une discussion collective régulière est souvent très fructueuse pour « desserrer ces tensions » : « Quand une personne comprend que certaines exigences sont indispensables pour le travail de son collègue, elle les accepte beaucoup plus facilement. Mieux, c’est un levier puissant pour faire émerger des solutions bénéfiques à tous », explique Nicolas Catel, chargé de mission à l’Anact. Pour créer ces espaces de dialogue, on peut déjà utiliser les temps existants, comme le débriefing de fin de chantier ou des retours d’expérience.
Il s’agit de dépasser le simple ressenti pour objectiver les causes premières. « La plainte ou le ras-le-bol sont utiles ! », martèle Evelyne Escriva. Cela exige une posture managériale particulière. Si un salarié dit : « C’est difficile de travailler avec Gérard », tenter de comprendre pourquoi permet de dépasser les jugements individuels : « Qu’est-ce qui, dans sa manière de travailler, t’empêche de réaliser ta propre tâche ? » Cette posture d’échange permet aussi de discuter des critères de qualité. On évite ainsi que les salariés aient le sentiment de faire du « sale boulot » dans un secteur attaché au bel ouvrage. Le travail « bien fait » est nécessaire à l’estime de soi et à la construction de l’identité professionnelle. Si le travail présente des risques pour la santé physique et mentale, il peut aussi être une ressource, estiment ces experts interrogés, qui invitent à s’intéresser à tous les facteurs de développement individuel, notamment l’accès à la formation et la montée en compétences.
Le travail « bien fait » est nécessaire à l’estime de soi à la construction de l’identité professionnelle.