Dounia Tazi Comment le BTP s’empare de la culture de sécurité

    ©DR

    Comment s’exprime la singularité du BTP dans les constats effectués ?

    Deux spécificités ressortent du profil des croyances sur la sécurité dans le secteur du BTP. La culture intégrée y est plus élevée que dans l’industrie. Historiquement, il y existe des règles de l’art bien assimilées. Du fait de la diversité des situations rencontrées, initiatives et prises de décision se font au plus près du terrain. Le terreau est donc fertile mais la graine de la sécurité n’a pas encore tout à fait poussé. Les règles plus formelles ne sont pas toujours respectées et le BTP se caractérise par un niveau élevé de culture fataliste qu’il faut faire baisser.

    En quoi le diagnostic est-il essentiel ?

    L’essentiel est de parvenir à un état des lieux partagé par l’ensemble de l’organisation. Les entreprises qui s’engagent dans ce parcours sont souvent à un tournant dans leur manière d’appréhender la sécurité. Elles ont besoin d’une mise à plat. La méthode retenue est très participative. Chaque point de vue exprimé par chaque salarié constitue un pixel de la photo d’ensemble. Ce niveau très détaillé permet d’enclencher une démarche de fond sur plusieurs années.

    Quel est le rôle de la restitution faite aux entreprises ?

    La restitution en comité de direction peut révéler une méconnaissance de certaines perceptions et pratiques en cours dans l’entreprise. L’objectif du diagnostic est d’objectiver ces ressentis en cartographiant précisément ces perceptions. Faire émerger les écarts sur certains sujets, par exemple selon les catégories professionnelles, permet de repartir d’un point commun et de se mettre d’accord sur une destination partagée.

    Selon vous, la démarche convient-elle bien aux entreprises du BTP ?

    La place encore très présente donnée au collectif et à l’humain dans le BTP s’accorde bien avec la démarche de la culture de sécurité, qui replace l’homme au centre du dispositif. Les entreprises du BTP partent de plus loin que les entreprises industrielles, mais quand elles se lancent dans la démarche, elles progressent plus vite. Faire de la culture de sécurité un accélérateur des performances suppose d’accepter, au plus haut niveau hiérarchique, de prendre le temps de se former et de s’acculturer aux facteurs organisationnels et humains.

    ❛❛ Le diagnostic de sécurité permet d’objectiver un socle commun, des manières de faire et de penser partagées par les acteurs de l’entreprise. ❜❜

    Dounia Tazi, directrice des opérations à l'Icsi.

    • Elle est spécialiste culture de sécurité et facteurs humains & organisationnels.
    • Chargée des relations avec l’OPPBTP sur la démarche culture de sécurité.
    • Participe à des points d’avancement réguliers avec le pool d’experts de l'OPPBTP.

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