Installée à Sassenage, près de Grenoble, l’entreprise Hydrokarst (environ 200 salariés) s’est forgée depuis 1977 une solide réputation dans les travaux sous-marins profonds et complexes. Sa spécialité réside dans la maintenance lourde d’infrastructures existantes, principalement pour les barrages d’EDF, la Compagnie nationale du Rhône (CNR) ou les écluses des Voies navigables françaises (VNF). Ce savoir-faire s’appuie sur une collaboration étroite avec son bureau d’études intégré, la Société dauphinoise d’études et de montage (Sdem), spécialisé en ingénierie hydroélectrique.
La mention A : une expertise technique outillée
L’entreprise réalise des opérations d’inspections jusqu’à cent mètres et des opérations de métrologie de haute précision, comme la pose de gabarits en acier par soixante mètres de fond dans des tunnels de prise d’eau. Hydrokarst mobilise principalement ses scaphandriers sur les travaux relevant de la mention A. L’équipe compte 14 permanents en CDI et 20 à 30 intérimaires, tous certifiés classe 2 (50 mètres) ou classe 3 (100 mètres). Cela implique l’usage d’outils lourds en milieu subaquatique, avec une compétence forte en hydromécanique lourde : entretien et remplacement de vannes en profondeur, carottage de béton pour l’installation d’ancrages, soudure et renforcement de structures, travaux sur berges… « Nous venons par exemple de finaliser le remplacement de deux vannes immergées, explique Thibaud Laurent, chargé d’affaires chez Hydrokarst. Il faut décrocher les anciennes, les élinguer, les extraire, puis acheminer les nouvelles, les connecter et effectuer des réglages précis… Tout cela à vingt mètres de profondeur avec les risques liés à la technicité des travaux et aux spécificités des barrages, comme le risque d’aspiration. La prévention de ces différents types de risques est donc au cœur de notre activité. »
Des équipes de quatre pour mieux prévenir les risques
Opérer dans des barrages expose en effet les plongeurs à des risques importants : courants violents, visibilité nulle et, surtout, risques d’aspiration contre les ouvrages. Face à cela, Hydrokarst impose un standard de sécurité supérieur à la réglementation française avec des équipes de quatre personnes au lieu de trois. « Cette organisation permet de garantir une sécurité maximale en cas d’accident en s’assurant que le chef de chantier peut rester à son poste de contrôle pour surveiller les gaz et maintenir la communication, évitant ainsi que l’équipe ne se retrouve “aveugle” s’il devait intervenir physiquement en surface », conclut Thibaud Laurent.