Matériaux recyclés : la solution incontournable pour réduire l’empreinte carbone
Plus et mieux réutiliser les matériaux les plus carbonés s’avère crucial dans la réduction des émissions de GES.
Publié le : 01/04/2026
Jeremy Debreu
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Plus et mieux réutiliser les matériaux les plus carbonés s’avère crucial dans la réduction des émissions de GES.
Publié le : 01/04/2026
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En résumé :
La décarbonation des matériaux dans les TP s’accélère, portée par l’innovation et le pragmatisme des entreprises de terrain. Serge Favre, expert béton bas carbone chez Léon Grosse, le rappelle : « Le démarrage de la réduction carbone fut lent mais tout s’accélère depuis la sortie de la nouvelle norme béton NF EN 206/CN en 2022 et 2025 (nouvelle édition, NDLR). »
Le développement du béton dit « bas carbone » progresse, grâce à la dilution du clinker — principal responsable des émissions du secteur. Les nouvelles formules visent 50 à 60 % de clinker pour 2030, limitant les émissions, jusqu’à -70 % pour les ciments les plus performants (200 kg CO2e par tonne). Cependant, cette évolution suppose une adaptation du chantier pour en assurer la sécurité : « La résistance au jeune âge impose des précautions. Sous cinq mégapascals (MPa), les problèmes arrivent : épaufrure, arrachement… », souligne Serge Favre, qui développe des méthodes de mesure pour encadrer ces nouvelles pratiques. L’industrialisation de la mise en œuvre de ces matériaux, avec suivi et contrôles, contribue par ailleurs à diminuer la manutention manuelle et ainsi à réduire les risques de TMS.
Du côté des routes, Sébald Turpin, chef de projet transition écologique chez Routes de France, souligne que « le recyclage est l’enjeu principal pour décarboner l’industrie. L’objectif de la profession est d’avoir en moyenne 30 % d’agrégats d’enrobés, donc recyclés, dans les enrobés neufs en 2030. » Malgré tout, il pointe le rôle décisif de la commande publique pour généraliser ces avancées, car « les maîtrises d’ouvrage fixent parfois des limites trop restrictives à l’utilisation du recyclé, freinant la diffusion des bonnes pratiques. »
Si la France reste relativement vertueuse à l’échelle mondiale, le BTP doit désormais conjuguer innovations techniques et montée en compétences des intervenants. La course contre la montre est engagée pour allier décarbonation, qualité technique et sécurité des ouvrages, afin d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050, conformément à l’Accord de Paris.