Deux jours pour découvrir le b.a.-ba de la sécurité sur un chantier du BTP. C’est ce que promet le Pasi, le passeport sécurité intérim. Objectif : harmoniser les pratiques des agences de travail temporaires et délivrer les prérequis fondamentaux de la sécurité à des intérimaires, qui pour la plupart découvrent l’univers des chantiers de BTP. « Nous montrons aux stagiaires, le matériel, prenons le temps d’évoquer la terminologie technique. Nous faisons la part belle à la pratique, à travers des chasses aux risques et des visites », expose Yann Poncet dirigeant du centre de formation Pasi de Marolles-en-Hurepoix (Essonne) pour Cesame-Vinci. La formation aborde les dix principaux risques communs aux activités du BTP. Elle est sanctionnée par le passage d’un QCM d’évaluation, avant délivrance de ce passeport, valable dix ans. Derrière cette formation, EGF BTP, le syndicat national des entreprises générales de France. Face au constat de la sinistralité, EGF BTP a mobilisé ses adhérents pour la déployer. L'OPPBTP a apporté son expertise technique et pédagogique à ce projet mené avec l'Association des animateurs sécurité des entreprises du bâtiment et des travaux publics (ASE-BTP).
40 % d’accidents en moins
60 835 intérimaires sont à ce jour titulaires du Pasi. Quatre-vingts centres, environ, sont actuellement habilités à les faire passer. L’OPPBTP assure les audits de référencement et de suivi des organismes afin de garantir la qualité de la formation dispensée. Peu à peu, des améliorations sont apportées. « Il n’y a quasiment plus de zones blanches et des plates-formes mobiles ont vu le jour dans les zones éloignées des grandes agglomérations », rapporte Arnaud Chaumont, directeur de la formation initiale à l’OPPBTP. La prise en compte des barrières de compréhension liées à la langue ou aux capacités de lecture a également été intégrée. Les résultats sont prometteurs, assure EGF BTP : les intérimaires formés au Pasi ont jusqu’à 40 % d’accidents en moins que les autres. Le syndicat encourage ses adhérents et les entreprises du secteur à exiger ce passeport, qui n’a nullement vocation à se substituer à l’accueil sécurité et à la formation au poste de travail.