Stress et satisfaction : la balance du dirigeant
Le dirigeant oublie souvent sa propre santé. Mesurer son stress et sa satisfaction au travail lui permet d’agir pour éviter l’épuisement.
Publié le : 13/05/2026
Armelle Gegaden
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Le dirigeant oublie souvent sa propre santé. Mesurer son stress et sa satisfaction au travail lui permet d’agir pour éviter l’épuisement.
Publié le : 13/05/2026
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En résumé :
Article paru dans le magazine PréventionBTP n° 305, avril 2026 (p. 6)
Même malade, il vient travailler. Pour le patron, l’entreprise est souvent un prolongement de soi, presque un « bébé ». Ce lien « existentiel » explique pourquoi la peur de déposer le bilan est en général plus forte que celle de la maladie. « Lors de la crise du Covid-19, les études d’Amarok ont montré que la probabilité d’attraper gravement le virus avait moins d’impact psychologique sur les dirigeants que celle de faire faillite », rapporte Olivier Torrès, professeur à l’Université de Montpellier et fondateur de l’Observatoire Amarok qui étudie la santé des entrepreneurs depuis dix-sept ans et notamment le mécanisme du burn-out.
« Comment vous sentez-vous ? » Poser cette question à une personne habituée à ne pas s’écouter est voué à l’échec. Avec le chef d’entreprise, la meilleure méthode est de l’interroger sur ce qu’il fait pour en déduire son état. C’est l’objectif d’« Amarok e-santé ». Ce baromètre de la souffrance et du bien-être psychique permet aux chefs d’entreprise de s’évaluer de manière anonyme en mettant en balance trente stresseurs et vingt-huit satisfacteurs professionnels. Le principe : chaque événement de la vie de l’entreprise pèse positivement ou négativement sur la santé mentale du dirigeant. Un licenciement, l’absentéisme d’un salarié, un conflit avec un client, font plonger le résultat du mauvais côté de la balance. Rien n’est en revanche plus « salutogène » que la satisfaction du client et la fierté de l’ouvrage bien fait. Une satisfaction immense est également retirée d’un collectif soudé et impliqué.
Devant le manque de sommeil, le facteur no 1 de stress reste la surcharge de travail. « Mais c’est un perfostresseur : un stress choisi et stimulant. Ne pas avoir de travail est plus anxiogène », nuance Olivier Torrès. Le chef d’entreprise ne doit pas hésiter à s’évaluer avant les premiers signaux d’alerte : être fatigué, irritable, ne plus dormir, se plaindre. Si la balance est négative, une détection du risque de burn-out est proposée, et aussi une aide, en fonction du degré de sévérité du trouble.