Un suivi médical spécifique pour les scaphandriers ?
Plonger et travailler sous l’eau comporte des risques importants. L’absence de contre-indications est un prérequis avant l’entrée en formation.
Publié le : 12/06/2026
Goulven Connan
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Plonger et travailler sous l’eau comporte des risques importants. L’absence de contre-indications est un prérequis avant l’entrée en formation.
Publié le : 12/06/2026
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Dans le cadre de leur contrat de travail, les scaphandriers sont soumis au suivi individuel renforcé (SIR). Cet examen prend en compte les risques liés à l’exposition hyperbare ainsi que ceux du secteur du BTP. Le point avec le docteur Blandine Aublin, médecin du travail spécialisée en hyperbarie.
Pour intégrer une école de scaphandriers, l’élève doit d’abord obtenir un certificat médical de non-contre-indications aux expositions hyperbares délivré par un médecin hyperbare. C’est une exigence des écoles pour autoriser l’entrée en formation.
Le SIR, quant à lui, est une obligation légale qui se met en place dès qu’il y a un contrat de travail. Il débute par un examen médical d’aptitude initiale réalisé par le médecin du travail avant toute première exposition hyperbare. Ce suivi cible prioritairement les contre-indications cardiaques, pulmonaires ou ORL, entre autres, afin d’éviter les décompensations de terrain pathologique qui pourraient survenir avec une exposition hyperbare et avoir des séquelles irréversibles. En tant que médecin du travail, je surveille également les troubles musculo-squelettiques, ainsi que les problèmes de dos ou de cervicales. Il ne faut pas oublier que le scaphandrier est avant tout un ouvrier du BTP exposé aux risques majeurs de ce secteur.
La spécificité réside dans l’obligation pour le médecin du travail, s’il n’est pas lui-même spécialisé en hyperbarie, de solliciter l’avis d’un expert hyperbare pour décider de l’aptitude au poste. L’examen est global et ne se limite pas aux risques de la plongée. Il englobe les pathologies de la vie courante, comme l’hypertension, les risques cardiovasculaires, et prend en compte l’historique du patient, comme des chirurgies ou des pathologies chroniques. Le médecin dispose d’une totale liberté pour prescrire des examens complémentaires ou demander l’avis de spécialistes afin de lever un doute. Chaque décision d’aptitude est prise au cas par cas, en fonction de la gravité de la pathologie et de la récupération potentielle du salarié.
Les médecins du travail spécialisés en hyperbarie appliquent les recommandations de la Société de médecine et de physiologie subaquatiques et hyperbares (Medsubhyp), qui préconise une visite médicale par un médecin hyperbare chaque année. C’est une bonne pratique qui va plus loin que le cadre réglementaire. Les employeurs sont très favorables à ce rythme annuel par souci de sécurité et de responsabilité. La traçabilité est garantie par le certificat d’aptitude à l’hyperbarie (CAH). Ce document officiel, complété lors des visites, regroupe l’identification du salarié, ses dates d’examen d’aptitude médicale et la consignation de ses plongées. En parallèle, le dossier médical conservé par les services de santé au travail assure le suivi historique du salarié.
Le scaphandrier est avant tout un ouvrier du BTP exposé aux risques majeurs de ce secteur.
Médecin du travail BTP Santé au travail à Villeurbanne (Rhône), le Dr Blandine Aublin est spécialiste hyperbare et, à ce titre, assure le suivi médical de nombreux scaphandriers en France. Elle est membre du groupe de travail Hyperbarie à l’OPPBTP et de l’European Diving Technology Commitee (EDTC) en tant que représentante médicale pour la France.