Comme tous les chantiers dédiés aux JO 2024, celui de l’Adidas Arena, au nord de Paris, a une échéance à respecter. Et, dans le cas présent, la phase Héritage – salle multifonction de huit mille places et deux gymnases – précède l’utilisation de l’équipement pour les compétitions olympiques. Cet ouvrage hybride doit être ouvert aux scolaires et aux clubs du quartier dès septembre 2023.
Une superposition d’actions
Contrainte de temps, donc pour Bouygues Bâtiment Ile-de-France, mandataire du projet. Mais aussi d’espace. Entre le boulevard des maréchaux et le périphérique, dans une zone urbaine en plein renouveau, le site est particulièrement enclavé. Comment intégrer un chantier de telle taille dans un environnement aussi dense ? « Nous avons un haut niveau d’exigence concernant l’impact des travaux de l’Arena sur le quartier, mais l’entreprise a du répondant, explique Paul Guillou, chef de projet Arena pour la ville de Paris. L’implémentation du chantier se fait au quotidien. » Au cœur du dispositif, la centrale à béton installée sur site évite les circulations de camions toupies dans ce périmètre, déjà bien engorgé. À l’intérieur du chantier, organisé en six zones de construction, l’activité des grues à tour (une par zone), combinée avec celles des grues mobiles et du mât de bétonnage (en phase gros œuvre), génère une superposition d’actions qui exige anticipation et préparation minutieuse.
Prévention, prouesse technique et performance énergétique
« Plutôt que de devoir corriger les écarts en permanence, nous privilégions une dynamique de comportements souhaités », souligne Guillaume Laroche, préventeur du projet pour Bouygues Bâtiment Ile-de-France, qui suit en cela la démarche de co-construction de la prévention voulue par le maître d’ouvrage. Sur le plan technique, la réalisation des voiles de béton de grande hauteur (11,60 mètres et 16 mètres) des deux gymnases superposés fait figure d’innovation. L’utilisation du bois, matériau biosourcé, pour la charpente et les gradins, et de bétons bas carbone contribue au bilan carbone du bâtiment. Côté chantier, la base vie connectée permet d’évaluer les consommations électriques poste par poste. Quant à la maîtrise de l’impact des travaux sur leur environnement, elle s’illustre aussi par un taux de 95 % de déchets valorisés sur site. Un très fort pourcentage qui suppose un système de tri des déchets à la source, avec des exutoires disponibles et différenciés.