Par tronçons successifs sur les 9 km du tracé, la canalisation de rejet des eaux pluviales depuis l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle vers la Marne prend forme. L’enjeu pour le maître d’ouvrage, le Groupe Aéroport de Paris, est de sécuriser le bassin des Renardières, qui recueille jusqu’à présent ces flux, et d’éviter l’inondation des communes situées en aval lors d’épisodes pluvieux importants. L’ouvrage Canamarne est réalisé en conception-réalisation par un groupement composé de Sade (mandataire) et EHTP (filiales du groupe NGE) ainsi que Setec Hydratec et Cabinet Merlin. À la canalisation elle-même s’ajoutent une dizaine d’ouvrages de génie civil, deux chambres de mesure du débit, cinq siphons et quatre-vingt-dix regards de visite. La technique du microtunnelage (seize tirs au total) utilisée pour la traversée des axes routiers et du Canal de l’Ourcq (à trois reprises) permet aussi de minimiser l’excavation des terres en place. Chaque site recevant un microtunnelier dispose en surface d’ateliers de préparation du fonçage (lubrification, traitement des déblais, pilotage) et de pré-équipements des sections de tuyaux. « Ces postes de travail protégés des intempéries et bien délimités évitent la coactivité et contribuent à la sécurité du chantier », commente Rémi Lamoureux, ingénieur travaux chez Sade Travaux Spéciaux. Les modes opératoires d’accès au puits, de tir et de circulation en galerie suivent les procédures éprouvées par l’entreprise. Les deux bases vie fixes, espacées de quelques kilomètres (une pour chaque type de chantier), sont complétées par des roulottes suivant l’avancement de la pose en tranchée.
Forte contrainte environnementale
Ces tronçons à ciel ouvert sont d’autant plus contraints par la météo que la progression s’y effectue en « zone humide ». Comme il est stipulé au marché, les entreprises ne peuvent travailler qu’en période sèche, de mai à octobre. À cette restriction s’ajoute une contrainte environnementale liée à la protection du milieu naturel et des espèces. En l’occurrence des amphibiens (grenouilles) et des chiroptères (chauve-souris). « Cela se traduit par la pose de barrières anti-amphibiens en amont des travaux, explique Jean-Yves Pérignon, responsable QSE chez Sade Travaux Spéciaux. Ou encore par une procédure incluant l’intervention d’écologues en cas de présence d’une espèce protégée. » Pour le maître d’ouvrage, enfin, le réemploi et le recyclage des déblais sont une priorité du projet. Sur 93 000 m3 terrassés au total, 68 % des déblais sont réemployés in situ et 27 % réutilisés sur des terres agricoles de proximité. Soit 4 500 rotations de semi-remorques économisées.