Après une dernière opération d’hélitreuillage de sa couronne restaurée, la statue de la Vierge rayonne de nouveau sur Marseille, depuis le sommet de la basilique Notre-Dame de la Garde. Les échafaudages ont été retirés, dévoilant progressivement la Bonne Mère redorée. Vingt-cinq ans après sa dernière restauration, l’édifice ravivé a été inauguré en décembre 2025.
Des travaux en façade, à la nacelle et à la corde
La partie la plus visible des travaux (découpés en huit phases) concerne la dorure de la statue, avec 27 000 feuilles d’or appliquées par les ateliers Gohard. Mais l’opération dans son ensemble comprend la restauration du piédestal, de la terrasse des anges qui permet d’y accéder et des façades de la basilique. « De l’hydrofuge a été repassé sur la pierre, en partie basse à la nacelle et en partie haute en travaux sur corde, explique Christophe Serna, directeur d’exploitation chez Girard (rénovation, taille de pierre), l’entreprise principale du chantier. La réfection de la pierre, érodée par les embruns au niveau du socle de la statue et des balustrades de la terrasse, a fait l’objet d’un traitement de bioconsolidation à base de calcite » (lire Le + Prévention, p. 19). Certaines pierres, particulièrement abîmées, ont dû être changées au niveau des ouvertures, oculus et fenêtres. « Un gros travail de stéréotomie, à partir de dessins et de tracés complexes, a été effectué de façon à reproduire ces pierres à l’identique à partir de blocs récupérés dans les carrières du domaine de Calissanne », précise Christophe Serna.
Déplombage et thermobâchage
En phase de dorure, la statue a été thermobâchée et son environnement climatisé pour retenir les poussières et garantir de bonnes conditions de travail. En dessous, à l’intérieur du socle, la structure métallique, peinte au XIXe siècle, a dû être déplombée en milieu confiné. « Tous ces travaux ont été effectués au-dessus du public et sans interférer avec la visite de ce prestigieux édifice religieux, commente Xavier David, architecte et maître d’œuvre de la restauration, qui met en avant l’excellente coordination entre les différents acteurs, la maîtrise d’ouvrage, l’entreprise principale et les autres intervenants ». Soumis à de forts vents, l’échafaudage, essentiel à la réalisation de ce type de rénovation, a été posé en tout début de chantier. Un mois et demi a été nécessaire pour assembler les quarante tonnes d’éléments, dont le positionnement a été soigneusement étudié pour garantir la sécurité optimale des intervenants comme des visiteurs de la basilique.