En résumé

    • Cette tour en R+16 combine béton, acier et bois.
    • La phase de second œuvre engage une pose des balcons par le haut, une méthode sécurisée.

    Photo : Tour Hypérion Bordeaux

    Crédit photo : Eiffage Constructions

    La tour Hypérion nous toise de ses 55 mètres de hauteur en ce matin de juillet. Son volume impressionne dans le quartier Belcier, au sud de la gare Saint-Jean de Bordeaux : elle fait partie d’un ensemble immobilier de 17 000 m² qui associe bureaux et commerces à une majorité de logements. C’est en 2015 que l’Établissement d’aménagement public (EPA) Bordeaux-Euratlantique a lancé l’appel à projet pour une tour en structure bois majoritaire de grande hauteur.

    Le cabinet Jean-Paul Viguier & Associés a dessiné l’ensemble et l’entreprise Eiffage Construction conduit le chantier, sur un modèle d’entreprise constructeur et promoteur. David Massé, le directeur des travaux, nous accueille alors qu’un balcon doit être posé au 12e étage de la tour. La manœuvre paraît simple, mais elle consacre l’aboutissement de deux années de préparation. En effet, le chantier est piloté en full BIM : chacun des éléments de l’ensemble immobilier est détaillé dans la maquette 3D et la plupart peuvent être préfabriqués. Ce balcon a été ainsi dessiné en bureau d’études début 2019, validé par l’organisme de contrôle, décliné en plan de fabrication à partir d’octobre 2019, construit en usine et enfin acheminé jusqu’au pied de la tour en juillet 2020. « Ceci représente un nombre d’heures de travail phénoménal, car chaque pièce est unique », précise David Massé. Moins d’une heure plus tard, l’opération est bouclée par deux compagnons.

    C’est l’intégration du bois dans un immeuble de grande hauteur qui rend la tour Hypérion si particulière. Christophe Charon, directeur de projet pour Jean-Paul Viguier & Associés, confirme que « c’est grâce à l’alliance du bois et du béton, par une mise en œuvre associée, qu’il est possible d’élever dix-huit niveaux. » La superstructure du bâtiment est composée d’un socle béton sur trois niveaux puis d’un noyau béton de contreventement comme colonne vertébrale de la tour. Une structure poteaux-poutres s’appuie sur ce noyau central, qui supporte les planchers bois en lamellé-croisé. La façade est un mur à ossature bois, non porteur. Marqué par la crise sanitaire, le chantier n’a fermé que trois semaines au mois de mars 2020, grâce au niveau important de préfabrication qui nécessite moins de compagnons et prestataires après la phase gros œuvre.

    Conséquence : les délais sont tenus. La livraison des différents lots s’échelonnera entre le début de l’année 2021 et la fin du deuxième trimestre.

    ❛❛ C’est grâce à l’alliance du bois et du béton, par une mise en œuvre associée, qu’il est possible d’élever dix-huit niveaux. ❜❜

    La préfabrication des éléments pour des avantages significatifs

    L’emploi du BIM – le projet a été lauréat du BIM d’Or 2019 – a permis de modéliser parfaitement la tour Hypérion, élément par élément, et de multiplier les modules fabriqués en amont. L’intérêt est d’optimiser la gestion des stocks et des ressources humaines sur le chantier.

    Les plans de fabrication des éléments bois-acier ont été réalisés respectivement sur les logiciels Cadwork et Tekla puis compilés à partir des fichiers IFC pour concevoir la synthèse structurelle. « La préfabrication nécessite de définir très en amont chaque détail du projet avant d’appuyer sur le bouton de lancement », souligne Pierre Lombart, conducteur des travaux bois sur Hypérion. Le délai entre la réalisation de la maquette 3D d’un étage et la livraison des éléments à assembler sur chantier est de l’ordre de six à huit semaines.

    Une méthode pas uniquement réservée au bois. L’illustration parfaite ? Les balcons. « Une petite usine à gaz », sourit David Massé, directeur de travaux. Car chacun des 141 balcons est unique. Il est d’abord modélisé, validé par l’organisme de contrôle, puis fabriqué en usine et acheminé sur place.

    Ces deux années de travail en amont sont un investissement pour un gain de temps et de place très précieux sur le chantier : ce site urbain souffre de faibles zones de stockage. Conséquence : la durée de gros œuvre est divisée par deux et se limite à des opérations répétitives de fixation et d’assemblage. La préfabrication génère donc à la fois un bénéfice de coût de main-d’œuvre et de sécurité, en limitant les phases non anticipées sur le chantier.

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