Un macro-lot bien organisé, des risques minimisés
Cotitulaires d’un macro-lot, Fayat Bâtiment Lorraine et le groupe Costantini associent leurs ressources dans la construction de l’hôpital privé Terres de Moselle.
Publié le : 28/04/2026
Loïc Féron
Cotitulaires d’un macro-lot, Fayat Bâtiment Lorraine et le groupe Costantini associent leurs ressources dans la construction de l’hôpital privé Terres de Moselle.
Publié le : 28/04/2026
Loïc Féron

La logistique est assurée par les cotitulaires du marché.
La pose de pierres agrafées en façade a été internalisée.
Article paru dans le magazine PréventionBTP n° 304, mars 2026.
Identité

À Maizières-lès-Metz, la construction de l’hôpital privé Terres de Moselle sur les neuf hectares qui lui ont été alloués est entrée dans sa phase de second œuvre. Le complexe hospitalier de 33 000 m², dont l’ouverture est prévue cette année, comprendra un service d’urgence, vingt-huit blocs opératoires, une maternité, un service de réanimation et de soins continus ainsi que des hébergements de médecine et de chirurgie. Le projet, qui s’inscrit dans un parc arboré, compte également une entité annexe de 12 000 m² (imagerie, radiothérapie, laboratoire, kinésithérapie, consultations) et un parking de 1 200 places.
Les entreprises Fayat Bâtiment Lorraine et Costantini sont titulaires à 50-50 d’un marché en macro-lot incluant la mise en œuvre des pieux (pour l’ensemble du programme), le gros œuvre, la charpente et le clos couvert jusqu’aux pierres agrafées de la façade. « Le groupement Fayat-Costantini est chargé de la logistique de l’ensemble du chantier, contrôles d’accès et flux compris, dont la gestion a été confiée à un conducteur de travaux, explique Christian Joly, directeur de travaux chez Fayat Bâtiment Lorraine. Afin de fluidifier les circulations de camions et d’éviter les heurts avec piétons, une voirie limitrophe a été intégrée dans l’enceinte du chantier protégé par un système d’alarme et de caméras périphériques. »
Tant du point de vue de la prévention que de la productivité, la compréhension du fonctionnement et de l’organisation du chantier par l’ensemble des intervenants est la clé de la réussite de l’opération qui bénéficie de l’apport du BIM (modélisation des informations du bâtiment) et de la maquette numérique. « De nombreuses réunions d’encadrement et de quarts d’heure sécurité dédiés aux compagnons permettent de rappeler les points de vigilance sur les zones de coactivité », témoigne Simon Pauly, directeur de travaux chez Costantini. L’approvisionnement, notamment du matériel de coffrage des dalles pleines, a fait l’objet d’une organisation spécifique. Le transfert horizontal (dans les étages) des panneaux de coffrage et des étais a été géré par des chariots à roulettes et des transpalettes électriques. Des chariots élévateurs extérieurs et deux lifts intérieurs ont été mis à disposition pour transporter le matériel et des petites bennes sur roues, déployées dans les étages pour assurer le tri et l’évacuation des déchets.
Le groupement Fayat-Costantini est chargé de la logistique de l’ensemble du chantier.
La réalisation de l’hôpital privé Terres de Moselle (exploitation par le groupe Elsan) a été envisagée comme « un projet démonstrateur anticipant la RE2020 (Réglementation environnementale 2020, NDLR) ». Elle comporte de nombreux aspects environnementaux comme l’activation des ressources locales et la réduction de l’impact carbone du projet : suivi des consommations électriques et des consommations d’eau en phase de gros œuvre, tours de lavage des bennes à béton avec recyclage de l’eau et contrôle régulier du pH de l’eau.
Sur ce chantier certifié NF Habitat HQE 9 étoiles à faibles nuisances, les deux entreprises du groupement ont signé une charte qui les engage sur plusieurs points : avoir un responsable développement durable pour chaque lot et procéder à un tri pointu des déchets dans la dizaine de bennes mises à leur disposition. « Les déchets sont convoyés dans les étages à l’aide de petites bennes roulantes approvisionnées par les lifts, puis reprises au chariot élévateur », précise Christian Joly, directeur de travaux chez Fayat Bâtiment Lorraine.
« Dans le cadre de la responsabilité élargie du producteur, nous versons une cotisation sur chaque achat de matériau et les déchets sont récupérés par Valobat qui s’occupe du traitement, explique Simon Pauly, directeur de travaux chez Costantini. C’est la première fois que nous mettons en œuvre ce principe qui suppose d’effectuer un tri très poussé, d’abord en big-bag, puis dans les bennes spécifiques. Et donc d’avoir suffisamment de place sur le chantier. »

La circulation des camions s’effectue en sens unique depuis deux accès par barrière levante équipée d’un système de caméras et visiophone et commandée par un chef gardien.
Au sein du groupement Fayat-Costantini, l’équipe d’encadrement est mixée en phase gros œuvre et clos couvert. Elle est constituée de cinq conducteurs de travaux, dont deux principaux, et d’une assistante à demeure. Nos responsables QSE travaillent également en collaboration depuis le début du chantier pour harmoniser les modes opératoires et favoriser la mise en commun des matériels.
Simon Pauly, directeur de travaux adjoint, groupe Costantini
Les spécificités de ce chantier résident dans sa taille, dans le fait de travailler en groupement avec une entreprise assez similaire à la nôtre et dans celui d’assurer ensemble la logistique de l’intégralité du chantier, au-delà de nos propres lots et sous-traitants.
Cette façon de procéder demande l’adhésion de l’ensemble des intervenants aux procédures communes mises en place.
Christian Joly, directeur de travaux, Fayat Bâtiment Lorraine
Les compagnons volontaires pour la préparation des plaques de pierre et leur pose en façade sont habituellement affectés au coffrage, aux banches ou aux planchers. Des personnes des deux entreprises, Fayat et Costantini, ont été sélectionnées pour leur aptitude à réaliser un travail de précision. Ils ont appris les modes opératoires en début de chantier avec l’aide d’un conducteur de travaux.
Laurent Schoumacker, maçon, responsable de l’atelier

La façade du bâtiment principal est composée de plaques de pierre de Jaumont agrafées sur une longueur de 160 m (pour 1 800 m² de surface couverte). Réceptionnées dans un atelier aménagé sur place, les plaques (70 × 50 cm) d’une trentaine de kilos sont pour certaines retaillées. Un trou conique est percé à l’arrière de chacune d’elles pour recevoir la cheville à expansion qui assure la fixation des agrafes.