Sophie Laurent est une femme de caractère. Régulièrement, elle participe à des rallyes automobiles partout en France à bord de sa Peugeot 306 16 soupapes, avec une parfaite maîtrise du danger ! Pilote de rallye, avec sa sœur pour copilote, elle est un as du volant, si l’on en croit les trophées alignés dans son bureau. Cette activité forte en adrénaline est également l’occasion d’évacuer le stress d’une semaine de travail, parfois aussi riche en obstacles que la course automobile. Car Sophie est gérante de Laurent S. Couverture Zinguerie. Sa passion pour l’entrepreneuriat en général, et les travaux en hauteur en particulier, remonte à son plus jeune âge, à l’époque où son papa Raphaël est lui-même à la tête d’une société de couverture. « Il m’a un peu éduquée comme un garçon. J’adorais aller avec lui sur les chantiers, monter sur les toits… », raconte la jeune femme. Mais l’entreprise familiale ferme ses portes avant qu’elle ne puisse prendre le relais. Elle se lance alors pour défi de repartir seule à l’aventure, suit une formation de manager et crée sa propre société en 2007, alors qu’elle n’a que 19 ans. Il lui a parfois fallu se battre contre les préjugés et commentaires machistes pour décrocher des chantiers et pour encadrer une équipe d’une dizaine de personnes, majoritairement constituée d’hommes ; et pour prouver que « même avec des ongles rose fluo, je peux monter sur les échafaudages », s’amuse-t-elle.
L'entreprise Laurent S. Couverture Zinguerie a développé une activité de désamiantage pour répondre aux besoins des particuliers.
La prévention sur tous les fronts
Le goût du dépassement a poussé l’entreprise, qui travaille presque exclusivement avec des particuliers, à se lancer de nouveaux défis. En 2012, Sophie Laurent décide de développer une activité de désamiantage. « Les particuliers confrontés à cette problématique n’intéressent pas les grandes entreprises ; beaucoup se sentent abandonnés. Nous avons décidé de répondre à leurs besoins, en nous focalisant uniquement sur les toitures », souligne la jeune femme. Aujourd’hui, la singularité de Laurent S. fait sa force, alors que l’amiante inquiète les clients, qui ont besoin d’être rassurés sur les dangers et les enjeux. Sensibilisée à la maîtrise des risques lorsqu’elle pilote sa voiture, Sophie Laurent a également fait de la sécurité au travail l’une de ses priorités. « L’ingénieur-conseil des services prévention de la sécurité sociale, avec qui j’avais travaillé sur la mise en place du document unique d’évaluation des risques professionnels, m’a orientée vers l’OPPBTP pour déployer une démarche globale », poursuit la dirigeante. Elle va ainsi suivre une formation « Prév’action dirigeants » d’une journée, qui vise à définir et mettre en œuvre une stratégie de prévention. Dans son sillage, la secrétaire de l’entreprise, Delphine Ponçot, a été nommée chargée de prévention en 2020 et a bénéficié de formations spécifiques afin de s’approprier les fondamentaux de la mission.
Un entrepôt plus efficace
À charge pour elle de relayer les messages, de recueillir les informations du terrain et de proposer des actions ciblées. Ces dernières années, outre une sensibilisation renforcée au port des EPI, la quasi-totalité des salariés ont ainsi bénéficié de formations sur les travaux en hauteur et le port du harnais, puis sur les échafaudages. « Nous disposons de 500 m2 d’échafaudages en propre et j’ai acheté un engin élévateur de 16 mètres pour limiter le port des charges. L’entreprise possède également quatre camions-bennes et quatre camions d’atelier », précise Sophie Laurent. Pour le reste, elle préfère recourir à la location, afin de mieux coller aux exigences particulières des chantiers, très variés. Elle s’appuie pour cela sur des partenaires sélectionnés avec soin, comme Echaf90. Cette politique a été complétée par la réhabilitation et l’aménagement du dépôt, en 2023. Conseillée par l’OPPBTP, l’entreprise Laurent S. a bénéficié d’aides de la Carsat pour mener à bien son projet. Les murs ont été remontés avec des matériaux plus efficients, un désamiantage du toit a été réalisé avant l’installation d’une ossature en bois. Des bureaux ont été aménagés à l’étage, complétés par des vestiaires, un réfectoire et un local technique « amiante » en rez-de-chaussée (notamment pour stocker les consommables), des rangements et racks de stockage ont été installés. Ces installations ont permis de gagner en confort de travail mais également en efficacité et en sécurité.