Lisieux (Calvados), quartier de Hauteville. Sur le chantier de déconstruction du bâtiment C1, la bannière EPC Demosten trône sur l’échafaudage entourant cet immeuble R+12, dont l’écrêtage lui a déjà fait perdre quelques étages. Face à lui, des restes de gravats au sol témoignent de la précédente démolition du bâtiment F9. Ces deux ouvrages sont déconstruits au profit d’un projet global de renouvellement urbain du quartier de Hauteville, lancé en 2015 dans le cadre du Nouveau programme national de rénovation urbaine (NPNRU). Débuté en juillet 2023, ce chantier de déconstruction des C1 et F9 s’est terminé en septembre dernier : il a mobilisé en moyenne une dizaine de compagnons, dont la moitié sont des personnes en réinsertion, formées pour ces travaux spécifiques.
L’accueil sécurité, à l’agence du Petit-Quevilly, est l’endroit par lequel passe tout nouvel embauché en CDI. Les sept risques majeurs identifié par l’entreprise y sont présentés.
Spécialisée dans la démolition, déconstruction, désamiantage et déplombage, EPC Demosten est née en juillet 2023 de la fusion avec trois autres entités appartenant depuis plus de vingt ans au Groupe EPC : ATD, Occamat, Occamiante, et Prodemo. Fusion qui a été l’occasion pour l’entreprise de développer ses activités à travers la création d’une nouvelle direction, dédiée à l’économie circulaire. Une (r)évolution qui amène l’entreprise à modifier sa façon de travailler et de faire de la prévention. Car, aujourd’hui, la plupart des chantiers doivent s’appliquer à déposer soigneusement l’ensemble des éléments de second œuvre qui peuvent être réutilisés, après avoir été triés : cloisons, faux-plafonds, fenêtres, portes, vasques, panneaux séparatifs, radiateurs ou tableaux électriques. C’est ce que le Groupe EPC appelle la « Mine urbaine » : une gestion des ressources issues des gisements urbains permettant de récolter des matériaux de second œuvre pour les traiter, les recycler et les valoriser.
Alternance de phases mécanisées et manuelles
« Nous sommes passés de la pelle qui grignote petit à petit le bâtiment, donc un travail plutôt mécanique, à un travail qui est davantage manuel pour cette phase de dépose des matériaux, même si les machines nous aident dans la manutention, explique Jimmy Loncle, directeur des agences du Petit-Quevilly et de Nanterre d’EPC Demosten. Les risques de TMS, de chutes de hauteur ou d’objets, le risque électrique ou la présence d’engins nous ont obligés à trouver de nouvelles solutions de prévention. » Deuxième phase du chantier, le désamiantage est la spécialité historique d’EPC Demosten : l’expérience de ce cadre réglementaire très strict pour la protection des opérateurs, de la population et de l’environnement a infusé très tôt une forte culture de la prévention au sein de l’entreprise, qui a su s’adapter à ses nouvelles problématiques. La dernière phase, la déconstruction des superstructures et infrastructures par écrêtage, est quant à elle très mécanisée. « Nous utilisons un Bobcat pour extraire les gravats, une pelle de 5 tonnes et un Brokk électrique commandé à distance pour le grignotage des murs et des dalles », liste Benoît Boyère, conducteur de travaux du chantier. Ces tâches pénibles et sources de risques pour les opérateurs sont ainsi supprimées. Tout comme le port de gravats lourds, source de TMS. « Le Brokk limite aussi les nuisances sonores pour les opérateurs et les riverains. Tout cela concourt à l’amélioration des conditions de sécurité et de travail. »
Identification de sept risques majeurs sur les chantiers
Cette évolution des activités a conduit le management de l’entreprise à lancer la démarche Icsi (Institut pour une culture de sécurité industrielle) en 2019, avec l’accompagnement de l’OPPBTP. « Nous avons interrogé les salariés sur leur perception des risques via des entretiens collectifs à différents niveaux de l’entreprise, du chantier au comité de direction », relate Céline Cléron, responsable prévention, performance et développement durable chez EPC Demosten à Petit-Quevilly. « Ce travail collectif nous a permis d’identifier sept risques majeurs (chute de hauteur, risque électrique, levage, risque CMR (cancérigène, mutagène, reprotoxique), engins, incendie/explosion, chute d’objets ou gravats) avec, pour chacun d’entre eux, un mémo et des standards à appliquer pour ancrer les bons comportements. » La démarche Icsi est aujourd’hui en phase de déploiement : de la formation aux nouveaux arrivants dans l’entreprise, aux briefings sécurité sur les chantiers en passant par les réunions de management, ces sept risques sont aujourd’hui martelés partout dans l’entreprise.
Lire le dossier paru dans PréventionBTP n°259 sur : preventionbtp.fr