Par les fenêtres de ses locaux inaugurés il y a un an dans les faubourgs d’Épernay, Nicolas Pothelet peut admirer le parc de véhicules de l’entreprise spécialisée dans les travaux de terrassement et de voirie. Et au loin, les vignes qui peignent les coteaux. Il est lui-même propriétaire d’une poignée d’hectares, qui produisent un excellent champagne. En bon terrien, le dirigeant avance sur deux pieds, marchant dans les traces de son grand-père Paul qui fonda l’entreprise Pothelet en 1963, puis de son père Denis. En prenant les commandes en 2009, il en a fait un acteur important du BTP dans la région, faisant bondir le chiffre d’affaires de 3 à 25 millions d’euros en une quinzaine d’années. Pour arriver à cette performance, Pothelet n’a eu de cesse de s’adapter à la demande locale. D’abord tournée vers les travaux agricoles et viticoles, l’entreprise a élargi ses compétences aux travaux publics, qui constituent désormais son cœur de métier. Elle sait également répondre aux attentes de l’époque, par exemple en effectuant des terrassements et remblaiements pour l’installation d’éoliennes. Pour le seconder dans cette indispensable évolution, Nicolas Pothelet a recruté il y a trois ans Kévin Lejarle, ingénieur travaux, qui a longtemps travaillé dans un groupe national de BTP. « Notre politique s’inscrit dans une démarche de progrès, de flexibilité et d’adaptation. Notre force réside notamment dans notre parc de véhicules, avec une centaine de cartes grises, dont des dizaines de bulldozers, tombereaux, compacteurs et autres pelles, soit douze millions d’euros de matériels en propriété », précise le dirigeant.
À chaque chauffeur son engin
L'entreprise Pothelet attribue un engin à un chauffeur dédié, ils sont une quarantaine, dont deux femmes. Mieux, il consacre chaque année 1,5 à 2 millions d'euros au renouvellement et à l’achat de nouveaux engins, de telle sorte que le parc a une moyenne de vie de seulement six ans. Il est entretenu dans un atelier en propre (trois mécaniciens) aux équipements performants, dont une fosse avec extraction des gaz d’échappement en partie financée par la Carsat. Chaque fois que possible, un engin est attribué à un chauffeur dédié (ils sont une quarantaine, dont deux femmes), parfois sollicité sur ses souhaits lors de l’achat. « Ainsi, il le bichonne, le connaît parfaitement. C’est un atout, en termes de sécurité comme de rentabilité. La durée de vie d’un véhicule est alors deux fois plus longue », ajoute Nicolas Pothelet. Avec ce renouvellement permanent du parc, l'entreprise dispose de matériels équipés des dernières technologies, comme le pilotage assisté par GPS qui permet au chauffeur de gagner en confort et efficacité tout en diminuant les risques d’accidents. Plus largement, la politique d’investissements de Pothelet concerne tous les domaines, jusqu’au bureau d’études intégré ou le géomètre dispose d’un drone pour effectuer les relevés.
Recrutement d’une responsable QHSE
Le développement de l'entreprise s’accompagne également d’un fort volet RSE, qui passe notamment par la création récente de la filiale Ecopôle de Champagne dédiée au traitement et recyclage des matériaux déconstruits (béton, gravats, enrobés…) et d’une sensibilisation accrue à la prévention, avec le récent recrutement de Charlotte Vigneron en tant que responsable QHSE. À charge pour la jeune femme de formaliser encore davantage la politique de santé-sécurité. En quelques mois, elle a mis en place un livret d’accueil, généralisé les quarts d’heure QSE, multiplié les déplacements sur le terrain pour développer une relation de confiance avec les compagnons et identifier les points à améliorer. Mais déjà avant son arrivée, l’entreprise avait fait de la prévention une priorité. Ainsi, tous les chauffeurs disposent du certificat d’aptitude à la conduite en sécurité (Caces), la plupart des salariés ont bénéficié de formations « sauveteur secouriste du travail » (SST) et « autorisation d’intervention à proximité des réseaux » (AIPR). Cette politique se décline jusque dans les EPI et vêtements de travail, avec la mise à disposition d’un paquetage renouvelé chaque année (casque avec lunettes intégrées, protections auditives, gants, chaussures, pantalons, tee-shirt, polo, parka…), qui favorise également le sentiment d’appartenance à l’entreprise ; soit un investissement de 600 euros par personne. Les nouveaux locaux par lesquels passent chaque jour 70 % des salariés, équipés de vestiaires et d’une cuisine, ajoutent à ce bien-être au travail. Autant d’engagements et d’investissements qui permettent à Pothelet de faire rimer prévention avec performance.