Pour fêter ses 100 ans, en juillet dernier, Thouraud a vu les choses en grand. Musique, acrobates… la soirée organisée au siège de la société, dans les anciens Docks Rémois, est encore dans tous les esprits des salariés, partenaires et clients. Avec, pour cadeau d’anniversaire, un nouveau projet exceptionnel : la réhabilitation du musée des beaux-arts de Reims. Ce chantier, livrable fin 2025, témoigne du savoir-faire de l’entreprise et de son ancrage dans la vie locale. Créée par Monsieur Thouraud il y a un siècle, elle accélère son développement lorsque son fils Jean en prend les rênes, en 1954. La croissance est de mise, les acquisitions se multiplient et permettent à Thouraud d’élargir son champ de compétences, dans le Grand-Est et jusqu’en région parisienne. Puis l’entreprise est rachetée par le groupe Cari, qui la rebaptise Cari-Thouraud, avant que Fayat Bâtiment ne mette la main sur l’ensemble en 2010. Elle a retrouvé son nom originel Thouraud en 2020 et continue à perpétuer un esprit familial qui rassure les clients ; avec à son palmarès quelques réalisations emblématiques, comme le stade Auguste Delaune de Reims ou le centre de congrès de la ville. Demain, outre la construction générale et le gros œuvre, la réhabilitation thermique et la rénovation énergétique constitueront de forts relais de croissance. « Une relation durable repose sur la conviction que dans l’univers du BTP, plus qu’ailleurs, les affaires doivent se signer sur un modèle gagnant-gagnant, dans le respect de l’autre », explique Frédéric Michels, entré dans l’entreprise en 1999 et directeur depuis 2010. « Le groupe Fayat nous laisse beaucoup d’autonomie, dans un cadre défini avec des fondamentaux et objectifs à respecter, notamment pour la sécurité, avec un taux strict de fréquence et de gravité des accidents à améliorer continuellement », complète Jean-Sébastien Auger, directeur de travaux.
S'appuyer sur le service des méthodes
Chez Thouraud, la prévention se fait dans la concertation, et avec anticipation. Rattaché à trois agences du groupe Fayat dans l’Est de la France (Bec Construction Champagne, Fayat Lorraine et Thouraud), le responsable QSE Yannick Foubert peut notamment s’appuyer sur le service des méthodes. « Il est rare qu’une entreprise de notre taille dispose d’un service aussi important, se félicite Jean-Sébastien Auger. Son rôle est majeur. Chaque chantier est unique. À charge pour lui d’établir un plan de management qualité, sécurité et environnement afin d’analyser tous les postes de travail et d’anticiper les risques. » Il s’agit notamment de définir avec précision les matériels dont le chantier a besoin, les cheminements, la base vie, les zones de stockage et les moyens de levage ou encore les plans de rotation des banches. Ce précieux travail en amont est complété par des actions au quotidien, depuis le quart d’heure sécurité, organisé chaque semaine par les chefs de chantier ou les conducteurs de travaux, avec une sensibilisation sur un point particulier, jusqu’à la diffusion de fiches de bonnes pratiques auprès de tous les compagnons, au rythme d’une dizaine par an. Le service des méthodes fait également remonter les informations et les bonnes idées du terrain, réfléchit aux améliorations à mettre en place, y compris avec les fournisseurs. Cela se traduit par l’utilisation de nouveaux matériels, comme les poteaux de coffrage en résine, et par des formations régulières. Par exemple avec Sateco, sur la bonne utilisation des plates-formes de travail en encorbellement (PTE), qui diminuent les risques de chute en hauteur, ou encore sur la mise en place des banches de coffrage. « À chaque début de chantier, nous faisons une formation d’une demi-journée sur leur installation. C’est une piqûre de rappel. Les accidents sont rares mais quand ils surviennent, ils sont graves », rappelle Jean-Sébastien Auger.
Concevoir des prototypes
Cette politique conduit même parfois à la conception de prototypes. Ainsi, le service matériel des trois agences régionales de Fayat Bâtiment, en lien avec le spécialiste des coffrages Ecmat-Copac, a conçu un moule de coulage de poutre permettant à un seul opérateur de réaliser jusqu’à trois poutres en simultané, avec un système de roues et galets pour écarter manuellement les joues. Thouraud teste actuellement une nouvelle version hydraulique, facilitant encore le travail. Cette innovation illustre à merveille la politique de l’entreprise : gagner en productivité tout en améliorant le confort au travail et la sécurité sur les chantiers.