Avec huit bâtiments (650 logements) à construire à Toulouse, ce chantier est assurément le plus gros du moment pour Giraud BTP. Une ruche où travaille jusqu’à une centaine de compagnons (salariés, sous-traitants et intérimaires), qui implique une organisation quotidienne au cordeau. C’est justement la marque de fabrique de l’entreprise implantée à Toulouse et à Montpellier, qui a fait de l’amélioration continue et de l’écoute permanente ses deux piliers, pour gagner en efficacité et en sécurité.
« On fait bien ce que l’on sait faire »
Flash-back. Alain Dubois a à peine trente ans lorsqu’il se lance dans l’entrepreneuriat, après plusieurs années dans un grand groupe de BTP en tant que conducteur de travaux. Nous sommes en 1998, la France vient de remporter la Coupe du monde de football. L’esprit d’équipe est contagieux et c’est avec l’envie de gagner qu’il rachète la société toulousaine Giraud, spécialisée dans le gros œuvre. Son fort désir de collectif se traduit, lui, par une ouverture du capital à deux de ses collaborateurs, Marie-Hélène Rougé et Gilbert Comos. Ensemble, ils auraient pu diversifier les activités. « Mais je suis convaincu que l’on fait bien uniquement ce que l’on sait faire », explique Alain Dubois. Il préfère donc se concentrer sur le gros œuvre tout en variant les clients (privés et publics) et les zones géographiques avec l’ouverture d’une seconde antenne à Montpellier. « Nous marchons sur deux pieds. Cela permet de répartir les risques, d’apporter aux équipes des approches différentes. »
Des enquêtes de satisfaction au cœur de la stratégie de prévention
Giraud BTP a structuré, au fil des années, une politique de prévention qui implique tous les salariés (depuis les deux bureaux d’études jusqu’aux compagnons), mais aussi les intérimaires, nombreux dans une entreprise de gros œuvre. « Cette approche nous permet de rester compétitifs tout en améliorant constamment la sécurité. On vient au travail pour gagner sa vie, pas pour la perdre », complète Alain Dubois qui, avec le responsable QSE (qualité, sécurité, environnement) Maxime Fumat, veille à insuffler cet état d’esprit au quotidien. Cette politique démarre avant le chantier, avec des réunions préparatoires pour analyser les enjeux (financiers, matériels…) et pour disséquer les tâches afin d’évaluer les risques et définir les meilleurs modes opératoires et matériels à mettre en place, avant un partage avec l’ensemble de l’équipe du chantier. À travers cette écoute — collaborative et permanente —, l’entreprise peut identifier les axes d’amélioration. « C’est ce qui nous permet de ne pas être dépassés », ajoute le directeur. L’approche est complétée par une enquête de satisfaction après chaque chantier, auprès des clients et maîtres d’œuvre, pour analyser les retours d’expérience et valoriser les bonnes pratiques, mais également par une enquête annuelle auprès de l’ensemble des collaborateurs. Les cadres répondent à un questionnaire numérique, tandis que Maxime Fumat rencontre chaque compagnon pour mieux faire remonter du terrain des informations sur les matériels, la sécurité ou la qualité de vie au travail. « Cette démarche est efficace pour faire progresser Giraud BTP sur la prévention et les process », estime Alain Dubois qui, en parallèle, investit chaque année plus de 500 000 euros pour compléter et moderniser les équipements (éléments de coffrage, étaiements, matériels électroportatifs, bases vie…). Elle permet également à l’entreprise d’affirmer sa fiabilité auprès des clients et d’améliorer sa marque employeur pour recruter et fidéliser les talents.
Le CSE, partenaire majeur
L’engagement du comité social et économique (CSE) est tout aussi essentiel. Outre son implication dans l’élaboration du plan d’action prévention annuel, en lien avec le service QSE, il organise des visites de chantier afin d’identifier les tâches pénibles ou les non-conformités dans une logique d’amélioration continue, et participe à des réunions pour analyser les éventuels accidents du travail et proposer des solutions, entre nouveaux modes opératoires et matériels adaptés. « Par exemple, c’est à travers le constat d’un membre du CSE que nous nous sommes intéressés aux risques liés à la silice, dès 2020. À partir des travaux réalisés par l’OPPBTP, nous avons mis en place des actions, cherché les matériels les mieux adaptés à chaque tâche, investi dans des aspirateurs à poussière… », témoigne Alain Dubois. Et de conclure : « Notre ambition est de mettre de la compétence et de la qualité de vie sur les chantiers. »