Aux portes de Strasbourg, la centrale d’enrobage de Lingenheld domine la plaine d’Alsace et sert de phare aux visiteurs. C’est ici, à Oberschaeffolsheim, que le groupe originaire de Dabo – un village de Moselle où est installé le siège social – a fait sortir de terre un pôle de 30 hectares composé de bureaux, atelier de maintenance d’engins et matériels et multiples bâtiments, qui témoignent de sa folle croissance. Lorsque Florent Lingenheld se lance dans l’aventure, en 1925, l’entreprise n’est qu’une minuscule PME spécialisée dans la filière bois et le transport. À chaque génération, sa vision du futur et sa politique de développement, en phase avec l’époque : les années 1970 voient une première diversification dans les travaux publics puis, vingt-cinq ans plus tard, dans les métiers de l’environnement. Un siècle plus tard, Franck Lingenheld perpétue avec passion l’esprit d’entreprendre de son arrière-grand-père, pour continuer à faire grossir le groupe tout en gardant son esprit familial.
Une entreprise en constante extension
Des quatre agences de Lingenheld (avec Metz, Colmar et Reims via le récent rachat de SMTP), celle d'Oberschaeffolsheim est la plus vaste. Elle est également la seule à réunir les quatre pôles du groupe : les travaux publics et l’industrie, qui pèsent 40 % du chiffre d’affaires et emploient 360 collaborateurs sur les 600, les travaux spéciaux (déconstruction, désamiantage, fondations spéciales…), l’aménagement et la promotion immobilière et, enfin, le pôle environnement. Après le recyclage des gravats (350 000 tonnes par an) et la valorisation de mâchefers, Lingenheld s’est lancée dans le traitement des terres polluées, le compostage des déchets verts puis la méthanisation. Aujourd’hui, via Methavos, le groupe construit des unités de méthanisation pour divers clients et en exploite une sur son site alsacien, qui produit du biométhane injecté dans le réseau urbain de Strasbourg. Ce pôle environnement devrait encore monter en puissance dans le cadre du projet « Cap 2030 », qui ambitionne de faire bondir le chiffre d’affaires du groupe à 300 millions d'euros, avec cent salariés supplémentaires, tout en diminuant de 40 % les rejets de CO2 et la consommation énergique du groupe. « Nous voulons réinventer nos métiers pour commencer notre démarche d’accompagnement du monde de demain », explique Franck Lingenheld.
Un management de proximité
Cette diversité d’activités et de métiers constitue un défi en termes de prévention. « La plus grande richesse d’une entreprise familiale, ce sont les femmes et les hommes qui la composent. Nous souhaitons les accompagner pour qu’ils puissent travailler de manière optimale en conciliant les impératifs de qualité de vie au travail et personnelle, à travers un management de proximité où la relation humaine est primordiale, avec des formations adaptées », poursuit le président. Ainsi, chaque pôle dispose de son propre responsable QSE, par exemple Laurence Gombeau pour les travaux publics. Lingenheld est accompagné par l’OPPBTP, visites communes de chantier, réunions régulières dans le cadre du réseau CAP (réseau des correspondants prévention de l'OPPBTP).
Le groupe investit également en permanence dans de nouveaux matériels pour gagner en confort et sécurité, comme une pelle Liebherr avec bras télescopique pour les travaux de déconstruction (1,5 million d'euros) ou des outils de guidage 3D pour faciliter la conduite des engins de chantiers, mais également dans des EPI adaptés aux évolutions des métiers et des infrastructures de qualité, par exemple des bases vie plus ergonomiques et autonomes en énergie. En parallèle, une démarche Mase a été initiée pour son pôle Travaux publics, couronnée par une certification en 2022. Concrètement, un groupe de travail, constitué de conducteurs de travaux, chefs de chantiers et compagnons, a fait un état des lieux et défini des objectifs afin d’améliorer la sécurité. Cela a abouti à la formalisation d’un manuel avec dix règles d’or, dont l’application est vérifiée chaque mois sur le terrain, des affichages améliorés, mais aussi des investissements dans le parc de matériels et véhicules et dans le digital, comme un casque de réalité virtuelle utilisé pour la formation à la sécurité. Autre initiative : la mise en place d’un covoiturage afin de limiter les risques liés aux déplacements domicile-travail, tout en réduisant les émissions de carbone. Ce groupe de travail se réunit toujours chaque trimestre, afin de faire remonter des informations du terrain et continuer à améliorer la sécurité au quotidien.