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SANTÉ

Suivi individuel renforcé, ce qui a changé…

Le SIR (suivi individuel renforcé) a connu plusieurs modifications dernièrement. Il a été supprimé pour deux catégories de salariés qui en relevaient. Explications.

Publié le : 28/04/2026

C B

Cendrine Barruyer

En résumé :

  • La liste des salariés en SIR a été modifiée.
  • Une attestation de non-contre-indications médicales est remise aux salariés concernés.

Article paru dans le magazine PréventionBTP n° 304, mars 2026.

Optimiser le suivi en santé au travail et recentrer les missions des médecins du travail sur les salariés qui en ont le plus besoin, tel est l’objectif des différentes réformes qui se sont succédé. Mis en place par le décret du 27 décembre 2016, le suivi individuel renforcé (SIR) est un des outils au service de cet objectif.
Évolution récente : depuis le 1er octobre 2025 (décret du 18 avril 2025), « les salariés habilités à la conduite de certains équipements de travail et/ou à la réalisation de travaux électriques sous tension ou d’opérations dans le voisinage de pièces sous tension basculent du SIR vers un suivi simple avec délivrance d’une attestation d’absence de contre-indications médicales valable cinq ans », explique le Dr Olivier Brichet, président du Groupement national multidisciplinaire de santé au travail du bâtiment et des travaux publics (GNMST BTP). Ainsi, tous les cinq ans, le salarié est assuré de bénéficier d’une consultation médicale. L’attestation, qui ne peut être délivrée que par un médecin du travail, témoigne de l’absence de pathologies sous-jacentes susceptibles de contre-­indiquer la conduite d’engins ou les activités électriques sous tension.
« Sur le papier, cette simplification apparente semble relever du bon sens. Son application se révèle plus complexe », constate le Dr Brichet, qui cite le cas des jeunes de moins de 18 ans. « Pour l’habilitation électrique s’applique un suivi simple avec une attestation d’absence de contre-indications sous certaines conditions et en rappelant que les travaux sous tension ou au voisinage de pièces nues sous tension sont interdits ». Pour la conduite d’engins, le suivi de santé sera différent selon que le jeune sera en formation professionnelle ou non (SIR sur un an ou suivi simple). Autre sujet de préoccupation, la durée de validité de cette attestation. « En cas de pathologies contre-indiquant partiellement ou totalement l’une de ces deux activités, une annexe 4 pourra être délivrée pour la proposition d’aménagement de poste» Mais si le salarié change d’employeur, ce dernier n’est pas tenu d’organiser un nouvel examen en vue de la délivrance de cette attestation. Qu’en sera-t-il alors de la transmission des contre-indications ? « Certaines interrogations restent en suspens », signale Olivier Brichet, qui redoute que cela complexifie la démarche de l’employeur, du salarié et des professionnels de santé dans le BTP.
Dans ce secteur, de nombreux salariés sont concernés par le SIR, qui offre un calendrier de suivi précis : examen médical d’aptitude (par le médecin) valable quatre ans et visite intermédiaire (par un professionnel de santé) au bout de deux ans. Il concerne trois situations. Tout d’abord, les salariés exposés à des risques particuliers (agents cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques — CMR —, agents biologiques 3 et 4, rayonnements ionisants, risque hyperbare…). Ensuite, les postes pour lesquels l’affectation est conditionnée à un examen d’aptitude (c’était le cas jusqu’à présent pour l’habilitation électrique et la conduite d’engin). Enfin, une liste complémentaire est laissée à l’appréciation de l’employeur, après avis du médecin du travail.

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L’avis du Pr Sophie Fantoni-Quinton, présidente de la Société française de santé au travail

« Dès les années 2020-2022, il est apparu que les SPST étaient à nouveau dans l’impossibilité d’honorer toutes les visites réglementaires. Les discussions entre les partenaires sociaux ont conclu que certaines visites étaient à la fois chronophages et sans réelle efficacité pour préserver la santé. D’où le décret du 18 avril 2025. Sur le fond, ce texte interroge l’avenir de la santé au travail au sens où il déconnecte l’avis d’un médecin du travail des conditions réelles de travail (un tel certificat de non-contre-indications pourrait en effet être rédigé par n’importe quel médecin). Par ailleurs, un certificat de non-contre-indications valable cinq ans n’a pas de sens sur le plan médical. Rappelons enfin que l’esprit même de la médecine du travail est d’adapter le travail aux conditions de santé du salarié.»
* Société française de santé au travail.

4 clés pour décrypter l’attestation de non-contre-indications médicales