Au travail, « c’est sûr, demain, on ne fera plus comme avant », affirme Jérôme Triolet, adjoint à la direction des applications de l’INRS. Le changement climatique a des effets indirects très importants sur le travail et la santé. Les entreprises doivent s’adapter et cela a des impacts jusqu’au niveau des postes de travail, constate-t-il.
Ces changements climatiques se traduisent d’abord par « les nouvelles technologies décarbonées pour limiter la production de gaz carbonique dans l’atmosphère qui se développent. » Il va falloir produire l’énergie différemment. On commence avec de l’éolien (terrestre et offshore), le solaire (on cherche à rendre les panneaux les plus performants possible et certaines technologies envisagent l’utilisation de nanotubes de carbone), la biomasse…
Selon Jérôme Triolet, nous allons aussi essayer de réduire la consommation énergétique, les deux gros postes de consommation étant la construction et le bâtiment. « On va construire différemment avec les bétons bas carbone, qui ont l’inconvénient de prendre beaucoup plus lentement que les bétons conventionnels. Il y a des risques d’effondrement si on étaye trop tôt et cela entraîne beaucoup plus de manipulations d’étais donc plus de risques de TMS. »
On a recours aussi à des matériaux biosourcés, souvent biodégradables « et qui dit biodégradables dit inflammables et susceptibles d’être contaminés par des micro-organismes. Pour les mettre en œuvre, ils vont produire des poussières pas forcément non dangereuses. Ils vont être traités avec des ignifuges, avec des biocides pour pouvoir les utiliser dans le bâtiment. »
Quant aux matériaux recyclés, on connaît moins bien leurs caractéristiques que celles des matériaux initiaux donc il y a un risque de recyclage de produits dangereux que l’on connaît mal.