Si ces mesures de réduction du risque sont impossibles ou s’avèrent inefficaces, l’employeur doit organiser la radioprotection des travailleurs. Cela implique la désignation d’un conseiller en radioprotection et la transmission des résultats du mesurage à l’ASNR. Il est nécessaire de délimiter sur site une zone radon avec une signalisation visible et des consignes précises et de faire des vérifications périodiques de l’exposition. L’employeur doit enfin réaliser une évaluation individuelle de l’exposition : « grâce à l’outil en ligne de l’INRS, il est possible de passer de l’activité volumique de radon à la dose prévisionnelle d’exposition des travailleurs sur les 12 mois à venir », informe Romain Mouillsaux. « Les EPI sont-ils efficaces ? », interroge un participant. « Les masques FFP2 et FFP3 protègent efficacement, à condition d’être bien portés, mais comme cet effet ne peut être vraiment objectivé, on ne peut pas en tenir compte dans l’évaluation de l’exposition », répond l’expert de l’INRS. En dessous du seuil de 6mSv/an, le travailleur fera l’objet d’une simple surveillance définie par l’employeur avec son conseiller, qui doit être traçable. Si cette norme est dépassée, il faut mettre en place un suivi individuel renforcé (SIR) par le médecin du travail, procéder à une surveillance dosimétrique individuelle via l’outil Siseri utilisé par ce dernier, ainsi que dispenser une formation dédiée tous les trois ans.
En tout état de cause, l’exposition du travailleur ne devra pas atteindre ou dépasser la valeur limite d’exposition fixée par la réglementation à 20mSv/an. Selon le dernier bilan de l’ASNR qui montre un grand nombre d’entorses, le risque radon est la première source de dépassement des valeurs limites d’exposition des travailleurs, conclut l’INRS.