Sans surprise, les évaluations de Santé publique France révèlent que pour de nombreuses nuisances, les proportions de personnes exposées sont plus élevées dans le BTP qu’en population générale. « Cela rappelle que les travailleurs du BTP constituent une population particulièrement à surveiller » indiquent les auteurs de l'étude.
Des résultats similaires avaient déjà été suggérés par divers travaux dont le plus connu est sans doute l’étude Sumer de 2017 menée par la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) du ministère du Travail et de l’Emploi. Cependant, Sumer ne concernait que la population salariée. L’étude présentée par Santé publique France inclut les non-salariés (22,9 % de l’ensemble des travailleurs du secteur). Elle s’est également intéressée aux intérimaires, population rarement étudiée malgré leur nombre (79 000 sur la sélection de métiers retenue pour ce travail).
Les proportions de travailleurs exposés dans le BTP étaient de trois à dix fois supérieures à celles estimées dans la population générale des travailleurs, respectivement pour le bruit, les carburants et solvants pétroliers, le formaldéhyde, les poussières de bois, les laines minérales et les poussières de silice.
- Le bruit est la nuisance présentant la plus forte proportion de travailleurs exposés (62,1 % soit 1 066 340 travailleurs).
- Viennent ensuite les poussières de silice cristalline (39,2 %) et les laines minérales (29,7 %), deux agents reconnus pour leurs effets délétères sur la santé respiratoire. L’étude souligne à ce titre l'intérêt du travail de l’OPPBTP et des organisations professionnelles nationales du BTP dans le cadre de la campagne Carto-silice : « Ces travaux apportent des informations de terrain utiles à l’élaboration des matrices emplois-expositions et plus largement à la cartographie des expositions », se félicitent les auteurs.
- D’autres expositions, comme celles aux carburants et solvants pétroliers (22,5 %), au formaldéhyde, aux poussières de bois ou encore aux solvants chlorés, concernent une part moins importante mais non négligeable des travailleurs.
Inversement, la proportion de travailleurs du BTP exposés au travail de nuit et aux solvants oxygénés est plus faible qu’en population générale (deux fois moins pour le travail de nuit et 30 % de moins pour les solvants oxygénés). Les femmes travaillant dans le BTP présentaient quant à elles des proportions entre deux et sept fois inférieures à celles des hommes du BTP pour l’ensemble des nuisances étudiées.
Source : Bulletin épidémiologique hebdomadaire, Santé publique France, 7 avril 2026