L’INRS a conduit une étude pour caractériser les émissions de fumées générées par les opérations de décapage laser manuel. Réalisés en laboratoire, les essais ont porté sur le décapage de peintures thermolaquées sur acier.
Les résultats montrent que les fumées sont principalement constituées de:
- particules fines et ultrafines, avec une proportion importante (50 % à 90 % de l’aérosol total) de nanoparticules (< 100 nm, donc majoritairement déposables dans la région alvéolaire des poumons de l’opérateur) ;
- composés chimiques dangereux gazeux et particulaires, parmi lesquels des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) ou des isocyanates, notamment du diisocyanate d’hexaméthylène (HDI), de l’ozone (irritant respiratoire), du benzène (toxique cancérogène) et du monoxyde de carbone ;
L’inhalation de ces fumées peut donc induire des risques pour la santé.
«Les différentes simulations menées montrent que, dans des configurations réalistes telles que de petits ateliers peu ventilés ou des cabines de protection laser, lors d’un décapage continu, les valeurs limites d’exposition professionnelles de certains polluants peuvent être dépassées en seulement quelques minutes», explique Stéphanie Marsteau, responsable de laboratoire à l’INRS.
Même avec un débit de ventilation générale très élevé, certaines expositions, en particulier aux particules fines, restent susceptibles de dépasser très rapidement les valeurs seuils de référence. La ventilation générale du local ne suffit donc pas, à elle seule, à maîtriser le risque chimique lors du décapage laser manuel. Le décapage laser apparait donc comme un procédé qui induit des risques chimiques.