La campagne d’entretiens lancée en mai 2023 s’est tenue généralement dans les locaux suffisamment vastes réservés aux formations. Elle devait durer six mois, elle se poursuit encore aujourd’hui. « Nous avons reçu près de mille demandes de rendez-vous, des retraités sont revenus. Un succès inattendu ! 17 % de l’effectif, c’est énorme pour une activité non obligatoire, qui s’est tenue parfois loin du lieu de travail, à Strasbourg, par exemple, dans deux sites seulement sur quatre », indique Tiphanie Goetz.
L’appui de l’entreprise est allé au-delà de l’envoi des invitations à chaque salarié. Un lecteur de cholestérol (120 euros) a été acheté. On se l’est passé d’un endroit à l’autre. Des bandelettes de recueil du sang (75 euros les 25) ont été utilisées en quantité pour établir le bilan lipidique et mesurer la glycémie. « L’alternative aurait été de demander des examens en laboratoire. Beaucoup ne l’auraient pas fait et nous n’aurions pas pu adapter notre conseil, tout de suite, voire orienter vers une prise en charge en soin de ville, en fonction des résultats complets de chaque personne et de sa vie », indique Tiphanie Goetz.
Les médecins et infirmières des SPST se sont formés chacun deux jours sur l’alimentation. Ils se sentaient « légers » sur le sujet. Leurs frais de déplacements pour coordonner la campagne ont été payés. Un intervenant extérieur a été engagé pour un premier atelier thématique sur la sédentarité et l’activité physique. Au bout d’un an, le budget de l’opération dépasse les 20 000 euros mais ne devrait pas doubler pendant l’année qui reste.
Jusqu’ici, les ateliers n’ont pas le succès qu’ont eu les bilans. Même s’ils ne durent qu’une heure, une règle absolue pour ne pas gêner le travail. « Sans doute par difficulté, malgré tout, à partager ne serait-ce qu’à dix, des faits très personnels », estime Élodie Loeuillet.
Mais d’autres résultats apparaissent. Des salariés demandent des visites de suivi pour vérifier si leurs efforts paient. Un questionnaire sur les risques cardio-vasculaires a aussi été ajouté systématiquement au programme des visites ordinaires à la médecine du travail. Il est joliment baptisé « fil rouge », comme pour indiquer une suite de la campagne de prévention à propos de laquelle les professionnels parlent aussi comme d’un dépistage. À l’occasion des entretiens individuels, ils ont aussi détecté des hypertensions et des apnées du sommeil et les ont immédiatement traités.
*Cette action a été présentée à l'occasion du congrès national de médecine et santé au travail de Montpellier, qui s'est tenu du 4 au 7 juin 2024.