Avec l’observatoire, ces acteurs visent une nouvelle étape pour rendre visibles ces cancers, parce qu’ils sont grandement sous-estimés. Le Réseau national de vigilance et de prévention des pathologies professionnelles (RNV3P) ne relève qu’environ 80 nouveaux cas par an, dans le cadre de l’observation des maladies à caractère professionnel (MCP). En comparaison, l’Allemagne recense 4 000 cas en 2023, rien que dans le BTP. Mais l’Allemagne, comme la Suisse, reconnaissent la maladie professionnelle.
« Il faudrait explorer les données de l’assurance maladie pour retracer le parcours professionnel des personnes atteintes, interroger l’échantillon démographique permanent (EDP) de l’Insee sur ces parcours professionnels », suggère Nadia Honoré, de l’observatoire régional de la santé du Grand Est.
Le Haut conseil de la santé publique a déjà recommandé l’inscription au tableau des maladies professionnelles. L’objectif est que ce soit effectif en 2026.
« Il y a urgence parce que c’est ce qui empêche aujourd’hui la prévention systématique dans toutes les entreprises, grandes comme petites. Que les moyens de protection, vêtements, chapeaux, lunettes, gants, écrans solaires, prennent place dans leur quotidien, même si cela coûte un peu d’argent », ajoute Luc Sulimovic.
Les dermatologues libéraux sont 10 % à avoir débuté les signalements. Le SNDV relance régulièrement. La collecte dure jusqu’à la fin 2025.
Pour Pierre Cesarini, directeur délégué de l’association Sécurité Solaire, mettant à la disposition du public nombre d’outils de communication et de sensibilisations (vidéos, affiches…), « il faudra aussi modifier les habitudes de travail pour éviter les expositions au soleil, ce qui coûtera aussi un peu d’argent. »