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    Peintre portant un masque de protection respiratoire

    Le risque chimique associé aux peintures a été considérablement réduit, même si le métier de peintre est toujours classé cancérogène par le Circ1. Une simple mesure du souffle permet de dépister tôt un asthme ou une BPCO. De même, l’analyse d’urine détecte la présence, dans certains pigments, d’amines aromatiques, responsable de tumeurs de la vessie. Par ailleurs, d’importants progrès ont été réalisés dans la composition des peintures : suppression du plomb, des éthers de glycol les plus toxiques, développement des peintures en phase aqueuse (acryliques).

    En revanche, la substitution de produits toxiques et dangereux, a fait émerger d’autres problématiques, à commencer par le risque allergique.

    Les peintures à l’eau peuvent en effet renfermer des isocyanates très allergisants pour la peau et les voies respiratoires (eczémas, asthmes…). Les résines époxy ou polyuréthane, utilisées comme « liant » le sont également. Médecin du travail à l’APST BTP-06, le Dr Martine Pelser, rappelle que ces peintures nécessitent la présence de biocides pour éviter le développement de bactéries et autres moisissures dans les pots. La famille de molécules la plus utilisée est celle des isothiazolones. Des produits extrêmement allergisants.

    L’importance des EPI

    Les opérateurs doivent travailler systématiquement avec des gants. Les isothiazalones sont également cancérigènes et perturbateurs endocriniens. Si la peinture est pulvérisée, il faut porter un masque à cartouches filtrantes et pas simplement un masque de type FFP1 ou FFP2. À noter que le MIT, une isothiazolone fréquemment retrouvée dans les peintures, est également présente dans des produits de la vie courante (produits ménagers, d’hygiène…). Une sensibilisation dans le cadre professionnel peut entraîner des répercussions sévères dans la vie quotidienne.

    Des peintures «  intelligentes  »

    Innovantes, les peintures « intelligentes », possèdent de multiples qualités (autonettoyantes, antipollution…) mais elles sont encore peu utilisées. Les fiches de données de sécurité (FDS) ne sont pas complètes, note le Dr Pelser : «Il manque de précieux renseignements, notamment le type de gants et de masque respiratoire à utiliser.» On retrouve dans les FDS la mention EUH 208, qui indique que le produit peut produire une réaction allergique. Certaines de ces peintures comportent des nanoparticules, notamment du polyacrylate de sodium. Pour autant, elles ne semblent pas présenter de nocivité spécifique. «Les peintures sont de moins en moins solvantées, mais d’autres nuisances sont possibles (biocides, nanoparticules)», précise le Dr Christian Morel, référent BTP à Pôle Santé Travail, à Lille. Cette tendance ira croissant. «Le défi sera d’améliorer les caractéristiques techniques des peintures tout en réduisant les temps d’exposition sans créer de nouveaux risques.»

    Un autre risque méconnu…

    Si les femmes sont encore minoritaires dans le secteur du bâtiment, elles sont plus nombreuses dans le second œuvre et notamment dans tous les métiers de la peinture et de la décoration. Certaines peintures contiennent des agents affectant la fertilité et des agents dangereux pour le bébé (fœtotoxique). La présence de ces substances n’est pas toujours bien mentionnée sur les étiquettes. D’où l’intérêt de se reporter à la FDS. Une femme peintre ayant un projet de grossesse doit prendre contact avec le médecin du travail pour faire le point.

    Femme peintre Femme peintre © Getty Images-Sturti

    4 conseils contre les allergies

    1. Lire les fiches de données de sécurité.

    Je choisis, chaque fois que cela est possible, des peintures en phase aqueuse. Je ne lis pas seulement les étiquettes pour connaître les EPI à utiliser, mais je consulte les fiches de données de sécurité (FDS).

    Lire les FDS Lire les FDS © Lipsum

    2. Protéger ses mains.

    Je protège systématiquement mes mains et je choisis mes gants en fonction de la peinture (FDS rubrique 8). Le plus souvent les gants en nitrile sont adaptés. Une crème barrière est un plus, mais ce n’est pas un EPI et elle ne peut pas remplacer les gants.

    Protéger ses mains Protéger ses mains

    3. Choisir ses EPI en fonction des procédés.

    Selon le processus choisi, je mets les EPI adaptés. Les procédés par pulvérisation sont les plus émissifs. Ils requièrent le port de protections respiratoires adaptées et de lunettes. Le choix du pistolet est également important : opter pour un HVLP (High volume low pressure) qui réduit le « brouillard de peinture » lors de la pulvérisation.

    Choisir ses EPI Choisir ses EPI © Lipsum

    4. Nettoyer avec des produits adaptés.

    En atelier, une station de nettoyage est bienvenue. Les stations ont à la fois un intérêt écologique, économique et sanitaire. Et pour les mains, jamais de solvant ! On recourt à un savon adapté, par exemple un savon microbilles spécial peintures.

    Nettoyer avec des produits adaptés Nettoyer avec des produits adaptés © Lipsum

    Article paru dans le magazine PréventionBTP n°251 de mai 2021, p. 30-31.

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