Deux points d’échange ou parloirs en plexiglas se situent dans l’atelier, près du bureau de Francis Cluzeaud et un autre à proximité de la machine numérique. Tout n’est pas toujours simple : « En mettant des pièces en zone tampon le temps d’une nuit, le rythme et le protocole de fabrication sont plus saccadés qu’auparavant, observe Francis Cluzeaud. Quant aux plans, je les imprime plusieurs jours avant, avant de les distribuer. »
Le lien social n’a pas disparu : « A 9 h 30, je tiens à maintenir la pause-café, insiste le chef d’atelier. Je me lave les mains et je le prépare. Tandis que les salariés de l’atelier d’agencement passent par l’extérieur, nous nous retrouvons tous dehors. Je verse le café dans les gobelets puis me lave à nouveau les mains. » Le repas de midi se déroule toujours au réfectoire et les salariés de l’atelier se rendent au premier service, entre 12 heures et 12 h 30, tandis qu’une chaînette interdit tout croisement. « Le nombre de personnes au réfectoire est limité à sept avec le même nombre de tables doubles, disposées en arc de cercle, précise Francis Cluzeaud. Chacun nettoie ensuite sa table en la désinfectant. » À 12 h 30, les salariés retournent à leur poste et, une fois la journée terminée, se lavent les mains avant de quitter l’entreprise.
Le redémarrage précoce des ateliers – suivi par le fléchage des bureaux, les procédures strictes des chantiers ou des transports – a joué un rôle majeur dans l’entreprise Darrieumerlou. Pendant la période de chômage partiel, les salariés ont notamment reçu des informations et des photos de l’agencement de l’atelier. Francis Cluzeaud est fier de son équipe : « Ils sont jeunes et ouverts avec une moyenne d’âge de 30 ans. Dès le départ, j'ai eu la conviction qu’ils seraient les premiers de l’entreprise à reprendre l’activité - en évitant les passages de personnel extérieur - tout en rassurant l’ensemble des autres salariés qui revenaient au fur et à mesure. » Mission accomplie !
* Ces propos ont été recueillis le 13 mai.