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Témoignages

Neige et verglas en Île-de-France, des entreprises témoignent

Températures négatives, neige, verglas, vent…, les entreprises franciliennes doivent composer depuis lundi 5 janvier avec des conditions climatiques inhabituelles provoquant l’arrêt de chantiers pour intempéries. Là où l’activité est maintenue, des mesures de précaution ont été prises.

Date : 08/01/2026

L F

Loïc Féron et Virginie Leblanc

Neige et verglas en Île-de-France, des entreprises témoignent

© Vielcanet Frédéric

« Tous nos chantiers de surface sont en arrêt intempéries tandis que ceux dans les égouts sont maintenus, bien qu’au ralenti », témoigne Jean-Yves Pérignon, responsable QHSE chez Sade Travaux Spéciaux. Dans les collecteurs, la température avoisine même les 10 degrés, bien au-dessus de celles négatives enregistrées en surface. » Pour faciliter l’accès à ces chantiers (regards, puits ou base vie), l’entreprise procède au déblaiement des cheminements. « Il n’y a pas de livraison, pas de béton, la reprise de début d’année se fait difficilement. Mais, en prévision de ces risques climatiques, nous avons pour habitude de neutraliser les deux premières semaines de janvier, consacrées à l’entretien du matériel et à une Journée Sécurité. »
 

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De l’anticipation et des échanges

Chez UTB (Union Technique du Bâtiment), spécialisée dans les métiers du second œuvre (environ 1 200 collaborateurs), la reprise de l’activité le 5 janvier, après la trêve de fin d’année, a été anticipée en tenant compte des perturbations annoncées. « Nous avons beaucoup communiqué entre nous car nous savions que les transports et les chantiers allaient être perturbés par la neige et qu’on allait devoir échanger dès lundi matin pour savoir quels postes de travail pourraient ou non fonctionner, témoigne Louis Richard, responsable du service travaux couverture (réhabilitations de grande envergure). Les prévisions météo nous aident mais il est difficile d’appréhender l’ampleur des perturbations et le moment précis de la journée où elles vont intervenir. C’est une fois sur place que l’on voit dans quelle mesure les bâtiments sont enneigés et comment ils sont exposés. » Au moment de la reprise, son service avait cinq chantiers en cours dont deux sous parapluie. L’un d’eux concerne une toiture en zinc, un matériau « compliqué à travailler » en dessous de cinq degrés. « Nous avons trouvé des tâches annexes, de quoi nous occuper pendant quelques heures, mais le chantier a finalement été mis en intempéries après concertation entre le chef de chantier et le responsable projet. »

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Personne sur les toits depuis lundi

Dès le 6 janvier, mardi après-midi, seuls deux chantiers d’UTB restaient en activité. En prenant toutes les précautions requises. «À moins d’être sous parapluie, personne ne s’aventure depuis lundi sur une pente, en toiture, quand il y a un risque de chutes et de glissades dû à la neige et au verglas, explique Louis Richard. Les compagnons travaillent essentiellement en façade, réalisant un maximum de tâches en intérieur (comme la préparation ou le façonnage des matériaux). Et l’entreprise est même parvenue, en accord avec l’architecte du projet, à faire avancer un chantier en intérieur dans un hôtel particulier. Quoi qu’il en soit, un arrêté préfectoral a interdit la circulation des camions de livraison de grande capacité. « En ce qui concerne les opérationnels, 95 % de nos salariés prennent les transports en commun, reprend Louis Richard. Sur les 32 personnes de mon équipe, seules deux n’ont pas eu de moyens de transport. S’agissant de l’encadrement, un maximum a opté pour le télétravail ». Aux salariés restés mobilisés sur les chantiers, un document récapitulant les équipements spécifiques à leur disposition par temps froid (bottes fourrées, parkas, tours de cou et gants) a été communiqué. « Ce point équipements avait déjà fait l’objet d’une diffusion et d’une animation sous forme de ¼ d’heure sécurité lors de la vague de froid de novembre. »

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Quand le vent accentue le froid

Mercredi 7 janvier, Dominique Loiseau a dû quant à lui se résoudre à arrêter l’ensemble de ses chantiers. Basés à Charenton-Le Pont (Val-de-Marne), les Établissements Loiseau (30 salariés) exercent en Île-de-France une activité de couverture en toiture, en neuf et rénovation. « Même à Paris où nous avons un chantier sous parapluie, les conditions sont devenues trop difficiles, explique-t-il. Même abrité de la neige, le vent accentue le froid. À moins 5 ou moins 6 degrés ressentis, il n’est pas possible de travailler plus d’une heure. C’est valable aussi pour les plombiers ou les maçons du chantier. » Les premiers jours de la semaine, l’entreprise a bien tenté de « résister » au froid, mais les EPI traditionnels n’apportaient pas une protection suffisante. « À Courbevoie, nous avons un chantier au 7e étage, autant vous dire qu’avec les rafales de vent, c’est devenu intenable. »

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L’occasion de travailler sur la cohésion d'équipe

À Ollainville (Essonne), le site matériel de Spie batignolles Construction Île-de-France, qui alimente habituellement une quarantaine de chantiers en banches, centrales à béton ou étaiement, est quasiment à l’arrêt depuis lundi. « L’interdiction préfectorale de la circulation des semi-remorques n’a été levée que mercredi après-midi, témoigne Jérôme Bocahut, le directeur du site. De toute façon, à part la réhabilitation intérieure de bâtiments, tous les chantiers sont à l’arrêt. » L’absence de prestations, hormis quelques installations de chantier maintenues, aura un impact économique pour le site. « Le côté positif de cet épisode, c’est que nous en avons profité pour travailler sur la cohésion de l’équipe et consacré deux journées à la mise en application du Lean sur le parc matériel, l’aménagement du magasin, des postes de travail et l’amélioration de la productivité. » Trente-cinq personnes, dont une douzaine de compagnons, sont en poste sur les 31 000 mètres carrés du site. « Certaines zones ont été interdites avant d’être sécurisées par l’épandage de sel pour éviter la formation de verglas et les accès déblayés. Il n’y a pas eu d’opérations de grutage d’autant que nous sommes maintenant en avis de tempête à partir de jeudi après-midi et vendredi. » En revanche, des encadrants ont été dépêchés sur les chantiers à l’arrêt pour veiller à la sécurisation des appareils de levage au moment de la reprise.

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Prévenir le risque de chute de matériaux

Directeur d’activités (couverture, charpente) chez UTB, Julien Soccard s’inquiétait lui aussi, mercredi, du vent annoncé pour jeudi et vendredi. « À la reprise du travail sur les chantiers arrêtés, si le verglas persiste, les consignes et messages de prudence seront rappelés à tout le monde pour éviter les glissades mais il faudra aussi être particulièrement vigilants au risque de chute de matériaux ou d’envol de feuilles de zinc et au risque de déséquilibre des compagnons. » Les recommandations portent sur l’arrimage des matériaux et des bâches, le rangement de tous les outillages et l’ancrage de tout ce qui peut s’envoler. « Nous allons privilégier le travail à l’abri du vent, sur les versants les moins exposés, témoigne Julien Soccard, mais c’est le chef de chantier qui décide si la reprise du travail en sécurité est possible. »

 

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