Selon Martial Barbarou (Vinci Construction France), le briefing de poste, fait partie des actions concrètes mises en place pour développer la culture sécurité. Ce temps d’échange entre le chef d’équipe et les compagnons met d’ailleurs l’accent sur la production plus que la prévention.
« C’est un lien entre la phase préparation de chantier qui tient compte des aspects matériels, méthodes et approches, et la situation réelle telle que vécue sur le terrain », explique Martial Barbarou. En effet, les écarts existent et sont normaux en raison parfois de la coactivité sur les chantiers, la météo ou l’absence d’un collègue.
« Le briefing fait le lien entre le bureau et la gestion au quotidien de la sécurité. On se recale, on distribue les tâches et on discute pour savoir, par exemple, comment réagir en cas de retard de livraison car il faut parfois savoir dire Stop », poursuit Martial Barbarou. En clair, c’est une étape essentielle qui consiste à gérer les aléas et donc la sécurité.
Pour Eric Lemmonier (Eiffage Infrastructures), les actions à mettre en œuvre doivent être envisagées sur le moyen et le long terme. « L’entreprise doit être profitable en assurant la sécurité et le bien-être au collectif, c’est ça le levier », selon ce dernier. Pour ce faire, il est essentiel de passer de l’exigence à l’engagement car la prévention des risques professionnels est une valeur partagée par tous. « On a découvert que la prévention est profitable aux individus comme au collectif. L’engagement crée de la performance durable, sociale, économique, et tout ceci, l’OPPBTP l’a démontré », insiste-t-il.
Sophie Clerc, (Bouygues Bâtiment Ile-de-France), évoque de son côté, une phase d’ancrage de la culture sécurité au sein de l’entreprise, avec un suivi à la carte. Pour ce faire, son groupe a opté pour un programme baptisé « Safety leadership ». Cet accompagnement concerne chaque acteur de l’entreprise « car chacun a une part de responsabilité et doit pouvoir en prendre conscience », souligne Sophie Clerc. Grâce à un référentiel identique pour tous, cet accompagnement personnalisé permet par exemple de s’accorder sur ce qui est inacceptable et de le partager afin d’agir en conséquence.
Maud Berthier cite quelques actions pour aider les petites et moyennes entreprises à développer une culture sécurité : « J’encourage mes clients à prendre exemple sur les grands groupes et à discuter ensemble ». Autre action : l’étude avec les équipes de situations à risque réelles comme la descente d’un salarié dans une tranchée de deux mètres de profondeur sans blindage. « Le chef d’entreprise a finalement mis un avertissement à l’opérateur, au chef d’équipe, au conducteur de travaux ainsi qu’à lui-même », témoigne Maud Berthier. Tout le monde doit prendre sa part de responsabilité et discuter autour de la table, sans accuser l’autre « pour gagner en temps et en enseignements ».