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    En résumé

    Fréquentes dans notre secteur, les chutes de plain-pied se produisent dans diverses situations. Le déséquilibre engendrant la chute peut être lié à un obstacle sur le sol, à un revêtement glissant, à un manque d’attention…

    La dangerosité d'une chute de plain-pied se caractérise par 3 facteurs :

    • une chute en arrière est beaucoup plus dangereuse car si le casque est éjecté, la tête peut taper le sol et créer une hémorragie ;
    • une chute de plain-pied sur un acier en attente non protégé peut provoquer une blessure mortelle ;
    • une chute en situation de manutention est en général plus grave car la charge augmente les possibilité de dommage.

    La stabilité du sol et la matérialisation des zones de circulation sécurisent les déplacements des piétons sur les chantiers. La stabilité du sol et la matérialisation des zones de circulation sécurisent les déplacements des piétons sur les chantiers. © OPPBTP

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    Les chutes de plain-pied, un risque fréquent dans le BTP

    Un maçon s’affaire à chauler un mur en terre. Il recule, se prend le pied dans le sac de chaux et tombe de tout son long par terre. Son épaule heurte une poutre métallique stockée à même le sol. Bilan : fracture de la clavicule, tendons sectionnés nécessitant un an de convalescence et de rééducation…

    Les chutes de plain-pied sont un risque fréquent dans notre secteur. Avec plus de 20 % de journées d’arrêt de travail, elles représentent la 2e cause d’accidents dans le BTP.

    On appelle « chutes de plain-pied » les glissades, faux-pas, trébuchements et les diverses pertes d’équilibre qu’un professionnel peut subir sur une surface plane sans dénivelé. Elles ne provoquent pas nécessairement de chutes mais peuvent engendrer des entorses et lésions en particulier aux chevilles, aux pieds, aux poignets, à la main…

    Plusieurs idées reçues entourent ce risque. Les accidents liés aux chutes de plain-pied sont perçus comme bénins alors qu’ils occasionnent un nombre important de jours d’arrêt de travail. Ils peuvent aussi parfois avoir des conséquences graves voire fatales, en particulier si la tête de la personne heurte le sol lors de sa chute.

    Autre idée préconçue : les chutes de plain-pied sont souvent perçues comme « normales » et ne pouvant être évitées. Il existe pourtant des moyens pour protéger les salariés et les artisans du BTP de ce risque, à commencer par l’entretien et le rangement du chantier.

    L'utilisation de caillebotis favorise une meilleure adhérence ainsi que l'évacuation de l'eau. L'utilisation de caillebotis favorise une meilleure adhérence ainsi que l'évacuation de l'eau. © OPPBTP

    Les chutes de plain-pied sur les chantiers

    La Commission européenne définit les chutes de plain-pied comme « les glissades, trébuchements, faux-pas et autres pertes d’équilibre sur une surface “plane” […] y compris si la victime a pu rétablir son équilibre et qu’il n’y a pas, à proprement parler, chute. Ne sont prises en considération que les surfaces ne présentant aucune rupture de niveau ou bien des ruptures de niveau réduites (trottoir, petites marches, plan incliné, etc.) ».

    Sur les chantiers, les chutes de plain-pied peuvent survenir dans des situations diverses : un plaquiste glisse sur un sol graisseux, un carreleur heurte une boîte à outils à terre, un maçon pose un parpaing et perd l’équilibre, un étancheur trébuche sur une palette… Les causes des chutes de plain-pied sont diverses. Dans les TP, elles peuvent survenir du fait d’un sol irrégulier, d’un problème de terrassement, de la présence de galets…

    Dans le bâtiment, la principale mesure de prévention pour éviter ce risque est d’entretenir et de nettoyer régulièrement le chantier.

    Le rangement du chantier

    Pour les professionnels du BTP, ranger les matériaux et les outils est parfois perçu comme une perte de temps. Il faut aller vite, faire avancer les travaux… Le rangement fait pourtant gagner du temps aux équipes : les salariés trouvent plus facilement les outils, ils se déplacent plus vite, risquent moins de perdre l’équilibre et de tomber…

    C’est au chef d’atelier ou au conducteur de travaux en collaboration avec la direction de l’entreprise, qu’incombe la responsabilité de veiller à ce que le chantier soit propre et rangé mais chaque salarié est en charge de l’entretien de son poste de travail. Chacun doit être sensibilisé à l’importance du rangement.

    Si dans les grands groupes du BTP, des salariés sont affectés au rangement, des solutions simples et moins onéreuses peuvent être mises en place sur les chantiers plus petits : installation de bennes pour les déchets ou à défaut de poubelles, mise à disposition d’aspirateurs de chantier, de balais, de pelles, déplacement régulier à la déchetterie, temps dédié dans le planning journalier du chantier pour le rangement et le nettoyage…

    Obstacle, manque d’attention, sol glissant… Les principales causes de chutes de plain-pied sur les chantiers

    Les chutes de plain-pied peuvent survenir dans de multiples circonstances. Dans de nombreux cas, elles sont provoquées par la présence d’un obstacle au sol. Elles peuvent aussi être dues à un manque d’attention ou à une mauvaise position du salarié qui lui fait perdre l’équilibre. Un sol glissant peut aussi favoriser les chutes.

    Sol encombré, sale, inaccessible… La chute liée à un chantier mal entretenu

    Parpaing posé au milieu d’une pièce, planches sur un passage, marteau au pied d’un mur… La présence d’un obstacle au sol est le principal facteur de risques, d’autant plus que les professionnels du BTP, lorsqu’ils circulent sur un chantier, ont souvent les mains encombrées d’outils et de matériel divers. Si un salarié a les mains occupées et qu’il heurte un objet au sol, il aura d’autant plus de mal à se rattraper.

    Un sol sale et glissant favorise aussi le risque de perdre l’équilibre et de tomber.

    Pour éviter la chute de plain-pied, il est conseillé d’organiser les circulations en les définissant dès le début du chantier et en séparant les zones de stockage des axes de circulation par des délimitations claires.

    L’éclairage est aussi déterminant. Un chantier mal éclairé multiplie les risques de chutes. L’éclairage doit être adapté à la configuration du chantier. Il convient en amont d’identifier toutes les zones à éclairer et de définir les solutions les plus adaptées.

    La matérialisation de voie de cheminement par des tapis limite le risque qu’un opérateur par négligence laisse un objet traîner. Elle contribue à l’image d’un chantier où l’exigence de sécurité est visible.

    Il faut tenir compte des conditions climatiques où le risque de gel nocturne existe.

    Défaut d’attention, mauvaise posture, fatigue, précipitation… La chute liée au mouvement du salarié 

    Un salarié préoccupé n’est pas concentré sur ce qu’il fait et risque plus facilement le faux-pas.

    Les mauvaises postures peuvent également engendrer des déséquilibres. Par exemple, si deux salariés transportent une charge longue et lourde comme une poutre ou un tuyau en fonte à la main, celui qui se déplace en reculant risque plus facilement de perdre l’équilibre.

    Autre facteur de risque : la précipitation. Un artisan pressé qui se déplace vite a lui aussi plus de probabilité de tomber.

    Pour limiter les risques de chute de plain-pied du fait d’une mauvaise posture, il est préconisé d’éviter les manipulations complexes et d’utiliser des appareils d’aide à la manutention.

    Le stress peut également favoriser l’accident : un salarié préoccupé par un chantier à terminer dans un planning serré aura tendance à être moins concentré, à aller plus vite et à multiplier les risques. Les chiffres confirment d’ailleurs que la majorité des accidents du travail dans le BTP se déroulent le vendredi après-midi, juste quelques heures avant le départ en week-end.

    Des démarches de type 5 à 11 sont préconisées, cela signifie 5 minutes de pause active pour se concentrer sur le rangement du poste de travail à 11h, moment où les statistiques font apparaître une augmentation de l’accidentologie par l’accumulation de la fatigue.

    Les chutes liées à un déséquilibre sur un sol glissant ou incliné

    Certaines surfaces sont par nature plus glissantes. C’est le cas par exemple des panneaux en contreplaqué filmé. En hiver, le sol peut geler et devenir extrêmement instable. Un sol graisseux, une surface inclinée sont également des facteurs de risque.

    Des lésions souvent bénignes, parfois graves

    Les chutes de plain-pied peuvent provoquer des entorses, des luxations, des plaies ou contusions et parfois des blessures plus graves comme les fêlures et les fractures.

    Des lésions aux mains, aux bras, aux jambes, aux pieds…

    Les chutes de plain-pied peuvent engendrer des traumatismes aux membres inférieurs : bras, mains, pieds, jambes, et affecter les tendons, les ligaments ou les muscles. Ces lésions nécessitent souvent l’immobilisation du membre meurtri.

    Le salarié se voit généralement prescrire des arrêts de travail de quelques jours à plusieurs semaines.

    Au-delà des mesures de protection collectives (organisation de la circulation, choix du revêtement, de l’éclairage…), il est important de miser sur les équipements de protection individuelle . Disposer de bonnes chaussures de sécurité est un moyen efficace de prévenir le risque de chute de plain-pied.

    Des blessures parfois graves

    Les chutes de plain-pied peuvent avoir des conséquences plus graves : si la personne tombe contre un objet saillant ou tranchant, elle peut se fracturer le bras, le poignet, l’épaule, le pied… Si c’est la tête qui est touchée, les conséquences peuvent être encore plus graves.

    Important

    Il existe des crampons à utiliser sur sol gelé très efficaces car ils évitent la chute en arrière.

    Les chutes de plain-pied provoquent chaque année en France des décès. Les aciers en attente au sol non protégés constituent un risque majeur d’accident grave voire mortel.

    Pour agir au mieux en cas d’accident, il est conseillé de réfléchir à l’organisation des secours dès l’étude du chantier. Une personne de l’équipe peut par exemple effectuer la formation de sauveteur secouriste au travail.

    Les voies de circulation sur un chantier sont par définition des zones de co-activité. L’interpellation du coordonnateur SPS avec consignation dans le Registre journal est un moyen d’action offert par la loi sur la coordination SPS.

    Réglementation

    Prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures de protection individuelle

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