L'une des mesures de prévention organisationnelles préconisées est l’aménagement des horaires de travail. En effet, les températures sont généralement plus basses en soirée, mais surtout tôt le matin, rendant ainsi moins contraignants les travaux à réaliser. Cependant, nombre de collectivités sont soumises à des règles locales, arrêtés municipaux ou préfectoraux, encadrant voire limitant certaines activités, et notamment les travaux, avant 7 heures ou 8 heures du matin, empêchant de fait un aménagement effectif des horaires de travail par les entreprises.
Les collectivités locales ont tout intérêt à se saisir de ce sujet, à double titre. D’une part, en tant qu’employeur d’agents qui réalisent des travaux et interventions rendus plus contraignants par forte chaleur ; l’aménagement de leurs horaires de travail, tout comme de ceux des compagnons du BTP, participe à l’amélioration de leurs conditions de travail en période de forte chaleur. D’autre part, au titre de leur pouvoir de police, maires et préfets sont les autorités compétentes pour autoriser, de façon dérogatoire, pour une période dédiée, les interventions et travaux en horaires décalés afin de favoriser de bonnes conditions de travail. Les dérogations peuvent par ailleurs être limitées quant à l’étendue des nouvelles plages horaires, au niveau de vigilance canicule à partir duquel elles peuvent être mises en œuvre, ou le type d’interventions favorisées pendant ces créneaux. Ces mesures ont toute leur importance dans la gestion collective du risque d’exposition des travailleurs aux fortes chaleurs. En santé et sécurité au travail, l’enjeu sanitaire comme la réponse en prévention doivent être collectifs.