Dernière mise à jour le : 24/04/2019
Lors d’interventions sur des canalisations anciennes, les opérateurs peuvent être exposés au brai de houille, classé cancérogène, mais aussi, dans certains cas, à de l’amiante présent dans le glutinage. Ces produits présentent notamment des risques par inhalation et par contact cutané qui nécessitent la mise en place de mesures de prévention adaptées.
Si l’enrobage des canalisations actuelles n’est plus réalisé avec des brais de houille, il est encore possible d’en rencontrer lors d’interventions sur des canalisations anciennes.
Les brais de houille sont classés H350 – Peut causer le cancer et peuvent provoquer des lésions cutanées de type dermites ou irritations. Ils peuvent également entraîner une sensibilisation pour la peau ou le rayonnement solaire.
Lors d’interventions sur des canalisations anciennes, il est conseillé de prélever un échantillon afin de connaître la nature exacte du produit. Si ce prélèvement est impossible, les travaux doivent être considérés comme exposant au brai de houille.
Avant toute intervention, il est nécessaire de se rapprocher du médecin du travail, compte tenu du caractère CMR (cancérogène, mutagène, reprotoxique) du brai de houille, et de respecter les dispositions CMR prévues dans le Code du travail.
Les opérateurs intervenant sur les canalisations doivent être informés des risques encourus, notamment du risque cutané et du risque d’inhalation de poussières.
Des mesures strictes d’hygiène doivent également être appliquées en fin de poste : lavage des mains et douche afin d’éviter le contact cutané. Le port d’un vêtement à usage unique, de type combinaison Tyvek, ainsi que de gants avec manchettes en nitrile ou néoprène est fortement recommandé.
Lors d’interventions générant des poussières, notamment par grattage ou brossage, il convient de baliser préalablement la zone d’intervention et de prévoir une aspiration à la source ou un rabattement des poussières par pulvérisation humide des parties altérées.
Les opérateurs doivent être équipés d’une protection respiratoire de type P3 contre les poussières.
Il est conseillé de travailler à froid afin d’éviter le relargage de vapeurs HAP, notamment dans un espace confiné. Si le brai doit être chauffé, avec émission de vapeurs HAP, ou si un outil utilisant des solvants organiques à bas point d’ébullition est employé, il faut alors utiliser un appareil de protection respiratoire combinant un filtre AX et un filtre P3.
Lorsque la canalisation contient également du glutinage amianté, deux cancérogènes sont présents : l’amiante, avec un risque d’inhalation, et le brai de houille, avec notamment un risque cutané et un risque d’inhalation de vapeurs HAP en cas de travail à chaud à une température supérieure à 100 °C.
Il est donc conseillé de travailler à froid et d’éviter les opérations susceptibles d'entraîner le relargage de vapeurs HAP, particulièrement en espace confiné.
Pour l’intervention, la mise en œuvre d’un sac à manche avec un petit outillage peut être envisagée, avec humidification et/ou surfaçage à l’aide d’un marteau et d’un burin.
L’utilisation de solvants verts d’origine végétale, non classés dangereux, peut également être envisagée afin de dissoudre ou ramollir le brai et permettre son retrait sans émission de poussières.
En présence d’amiante, les mesures prévues dans la sous-section 4 de la réglementation amiante doivent en complément être appliquées.