Intitulé « grue augmentée », ce programme de recherche et développement est développé par Bouygues Construction en partenariat avec Bouygues Construction Matériel, le pôle R&D de Bouygues Construction, la start-up Lextan et la chaire 4.0 de Centrale Lille. Il est testé actuellement sur sa base logistique mais également sur un chantier dans le Nord de la France. S’il ne s’agit, pour le moment, que d’une grue dédiée à des tâches répétitives, l’expérience pourrait être étendue rapidement à une grue de production en cas de succès.
Et l'un des indicateurs clés, c’est l’acceptation du programme par les grutiers eux-mêmes. Delphine Basquin constate semaine après semaine des réactions globalement positives, même si, en fonction de l’âge, elles sont plus nuancées. « Les jeunes grutiers sont très enthousiastes avec le côté un peu 'gamifié“. Les anciens grutiers sont satisfaits qu’on s’intéresse enfin à leurs conditions de travail. Entre les deux, l’attrait est parfois moins évident, car ce poste déporté demande de changer les habitudes, les repères et parfois aussi les sensations de conduite », admet la cheffe de projet. Plusieurs workshops ont permis de poursuivre l’amélioration des sensations, avec une adaptation du siège de conduite ou la reconstitution de l’environnement sonore de la cabine.
« Finalement, l’ensemble des innovations contribue à améliorer l’ergonomie de ce poste de travail. » Évidemment, la facilitation d’accès au poste de travail constitue un avantage majeur, supprimant ainsi le risque d’accident et de troubles musculo-squelettiques dus à l’accès en cabine par les échelles. Au-delà de cet avantage pratique, il s’agit aussi de sortir le grutier de l’isolement avec la possibilité d’accéder aux commodités (pause-café, sanitaires, pause repas) et faciliter les échanges avec les équipes.