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Ridelles de camion-benne : les impacts de l’avis de la DGT

Jeremy Debreu - Mise à jour le 06/11/2020 11:00

Les camions-bennes évoluent pour améliorer la sécurité des bennes basculantes mues hydrauliquement, plus spécifiquement les ridelles qui équipent ces bennes. Revue des actions à engager pour les metteurs en marché et pour les employeurs utilisateurs.

Ridelle camion

 

 

Les ridelles des camions-bennes étaient pointées du doigt depuis l’accident dramatique de Rochefort-sur-Mer en 2016. Un camion, ridelle gauche ouverte, avait percuté un autocar de transport scolaire, causant la mort six adolescents. L’avis de la Direction générale du travail (DGT), publié en juillet 2020 au Journal officiel, fixe de nouvelles obligations pour les constructeurs de benne et les utilisateurs. « Il est spécifiquement lié à l’accident de Rochefort », précise Sébastien Marie, responsable de domaine TP au sein de la direction technique de l’OPPBTP : « Cet avis ne traite que des ridelles et pas des autres dépassements de gabarit, comme la benne levée ou la grue déployée. »

De nouveaux dispositifs dès janvier 2021

Concernant les constructeurs de châssis, fabricants, loueurs, et autres metteurs en marché, il sera nécessaire d’équiper à la conception les camions-bennes d’une alarme sonore et/ou visuelle d’ici le 14 janvier 2021. Et à compter de juillet 2021, tous les véhicules neufs devront être équipés d’un dispositif technique limitant la vitesse du véhicule en cas de ridelle ouverte.

La mise en sécurité au moyen d’une alarme sonore et/ou visuelle sera aussi obligatoire pour tout le parc de camions-bennes existant. Suivant la date de mise en marché de leur véhicule, postérieure ou antérieure au 1er septembre 2014, les employeurs utilisateurs auront soit deux, soit trois ans pour la réaliser. Cette obligation de rétrofit est relativement rare : un produit mis sur le marché est généralement considéré conforme aux normes sur sa durée de vie. « Cette modification a posteriori va contraindre les entreprises à faire un inventaire de leurs camions dans les six mois, et elles auront ensuite deux à trois ans pour modifier les bennes existantes dans leur parc », détaille Sébastien Marie. « Notons que le rétrofit porte uniquement sur l'alarme sonore ou visuelle, sans obligation de brider la vitesse sur le parc existant. »

En parallèle de l’avis de la DGT, la norme évolue également, avec la publication de la NF R 17-109 portant sur les bennes basculantes mues hydrauliquement. Retrouvez notre dossier complet sur le sujet dans le numéro 248 de prévention BTP.

Synthèse de l’avis DGT sur les ridelles de camions bennes mues hydrauliquement le site de la FNTP

 

Interview

Dominique Chevillard et Éric Sorgo, direction technique et de la recherche de la FNTP

Prévention BTP : Ce récent avis DGT répond-il à la problématique de sécurité des ridelles ?

L’avis DGT de juillet 2020 porte sur la ridelle, les défauts éventuels sur la ridelle et les moyens d’alerte. L’opérateur sera alerté d’un défaut, il pourra alors prendre les mesures nécessaires. La dernière exigence, qui porte sur la limitation de la vitesse, permettra de réduire encore les risques. L’avis reprend le meilleur de la technologie existante.

Prévention BTP : À quel rythme va se dérouler la mise en conformité du parc de camions-bennes ?

Concernant les véhicules neufs mis sur le marché, nous aurons deux cas. Les véhicules commercialisés à compter de janvier devront être équipés d’une alarme visuelle et/ou sonore. Et à compter de juillet 2021 : chaque véhicule neuf sera conforme à l’avis de la DGT, c’est-à-dire qu’il intégrera aussi un dispositif de limitation de la vitesse du véhicule. Pour les camions-bennes composant le parc existant à ce jour, l’employeur devra d’abord établir un diagnostic de son parc avant le 14 janvier 2021, puis installer une alarme sonore ou visuelle, dans un délai de deux ans pour les camions de moins de 6 ans et trois ans pour les véhicules de plus de 6 ans. Ces délais ont été déterminés en étant un peu incisif, mais compatibles avec la charge de travail des carrossiers. La DGT a pris en compte les spécificités techniques et les impératifs économiques qui entrent en ligne de compte.

Prévention BTP : Quel est l’avis de la FNTP sur l’avis de la DGT ?

L'objectif était d’avoir un avis contraignant qui permette à tout le parc d'être sécurisé dans un délai raisonnable. Toutes les parties prenantes ont été consultées en réunion. La FNTP est satisfaite : nous avons été écoutés, et tous les entrepreneurs sont sur un pied d’égalité. Demain, tous les camions bennes à ridelles mues hydrauliquement seront équipés de la même manière. Cet avis va aussi permettre à tous les chefs d’entreprise de sensibiliser leurs équipes à la prévention de ce risque.



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