Développer la mixité est en enjeu fort pour le bâtiment, pour répondre aux besoins de recrutement, mais également pour développer les savoir-faire de prudence. Les travaux de l'Iris-ST (Institut de recherche et d'innovation sur la santé et la sécurité au travail) montrent que les femmes anticipent mieux les postures de travail et ont tendance à utiliser des méthodes plus économes en énergie physique : un modèle pour la prévention de l'usure professionnelle.
« Les hommes ont parfois tendance à passer en force, à aller au-delà de l’acceptable pour le corps. Nous devons nous inspirer des stratégies déployées par les femmes », témoigne Yann Danion, président de l’OPPBTP, à la tête d’une entreprise spécialisée dans les cloisons sèches et l’isolation dans le Morbihan. Depuis quatre ans, son équipe de terrain compte une femme et privilégie un approvisionnement par groupe de quatre pour monter les plaques à l'étage, contre deux ou trois auparavant. « Les hommes eux-mêmes demandent à être plus nombreux pour se préserver ».
La présence des femmes favorise aussi des comportements plus soignés dans l’entreprise, une attitude globale plus protectrice de la santé et de l’hygiène. « Elles apaisent les chantiers », constate Christelle Delouche, présidente de la Capeb 49, qui dirige une entreprise de maçonnerie et taille de pierre dans le Maine-et-Loire.