Dans la pratique, le groupe Sade a opté pour l’expérimentation à grande échelle : biocarburant d’origine végétale (Dielix) pour les camions et les pelles, électrification progressive des véhicules légers et petits engins et utilisation d’outils électroportatifs sur les chantiers. Le retour des équipes de terrain est sans appel. « Le matériel électrique marche extrêmement bien. Pour les compagnons, le gain de confort est considérable : moins de bruit, pas de vibration, zéro émission directe. Cela a un impact immédiat sur les conditions de travail. »
Au-delà du confort, la prévention des risques est renforcée. « Sur un chantier, plus il y a de bruit, plus la perception du danger est brouillée. Le matériel silencieux permet d’entendre ce qui se passe, les collègues, les alertes : la vigilance est accrue. » Une remarque qui vaut d’autant plus pour la conduite d’engins :« Avec un moteur thermique, une pelle en fonctionnement produit un ronronnement régulier qui, à la longue, isole l’opérateur dans une sorte de bulle. Diminuer cette nuisance améliore la concentration et la sécurité globale. »
Pour les équipements de plus grande taille, la transition est plus lente, admet Lionel Allaire, en raison des contraintes techniques et financières encore trop lourdes : « Le camion électrique, c’est encore deux fois plus cher, et la batterie est six à sept fois plus importante que celle d’une voiture électrique, ce qui pose des problèmes de recharge sur site. Mais on avance, notamment avec la perspective de groupes électro hydrogènes que nous envisageons de tester prochainement. »