Ouvrant le débat sur les non-accidents (ou presqu’accidents), Stéphane Garnier, directeur de l’agence Grands Projets chez Socotec, a défini les événements à haut potentiel de gravité, dits HIPO, comme « des signaux d’alerte à forte occurrence » dont la non-prise en compte peut conduire à des accidents graves. « 75% des accidents sont précédés dans l’industrie d’un HIPO, explique-t-il. L’expérience montre que si ces événements sont collectés et analysés, les accidents peuvent être réduits en moyenne de 25 à 50% sur deux ans. » Florent Martin, responsable du groupement C pour Eiffage CO5, pointe quant à lui « les éléments qui entravent une véritable collaboration transversale entre les acteurs de terrain, notamment du fait de responsabilités et parfois d’intérêts différents ». Prolongeant ce point de vue, Florian Lascombes, responsable adjoint de la MOe sur C08 (Chantier Opérationnel 8) pour Ingerop, insiste sur « l’importance de la cohérence entre les pratiques des entreprises et les exigences du maître d’ouvrage ». Quant à la culture de prévention, elle passe selon lui par « un collectif qui définit des actions pour éliminer les risques dans la durée, sans aucune exception ni dérogation. »
Le tunnelier Viviana sur le chantier C07 de Saint-Martin de la Porte. Copyright : Caroline Moureaux.