Trois salariés procèdent au coulage d'une table de compression sur un plancher en dalles alvéolaires. Les dalles, d'une longueur de huit mètres, reposent sur un voile d'un côté et sur des poutres de l'autre. Il n'y a aucun étaiement en place. La moitié de la surface à couler est réalisée, soit environ 40 m². Brusquement, les appuis des prédalles côté poutres se dérobent, entraînant l'effondrement d'une partie du plancher. Les trois compagnons présents sur le plancher s'en tireront avec de multiples contusions. Un salarié se trouvant malencontreusement sous le plancher pour récupérer un enrouleur est, quant à lui, plus gravement atteint et reste, à ce jour, en incapacité de travail. Didier Renouat.

    Fiche parue dans PréventionBTP n°265-Septembre 2022.

    265 fiche accident - Effondrement d'un plancher

    ©© Lipsum

    Pourquoi est-ce arrivé ?

    • Il n’y avait pas de mode opératoire de pose: hormis le plan de calepinage fourni par le fabricant, l'entreprise n'a pas élaboré de mode opératoire spécifique.
    • Absence d'étaiement: aucun étaiement n'était mis en œuvre en rive.
    • Défaut de clavetage: l'une des poutres n’était pas clavetée, de même que les dalles alvéolaires précontraintes (DAP) au niveau de leurs appuis.
    • Stabilisation provisoire: aucune mesure compensatoire liée à l'absence d'étaiement n’avait été prise pour assurer la stabilité provisoire des ouvrages.

    Principales causes d'effondrement des dalles alvéolaires

    Défaut des appuis avec déplacement de la structure porteuse non contreventée.Variations dimensionnelles des structures porteuses ou des DAP entraînant un appui réduit.Non-respect de la notice d’utilisation des DAP, avec non-clavetage des abouts.

    3 pistes pour éviter l'accident

    1. Privilégier la pose avec un étaiement

    La pose sans étaiement de rive n’est pas recommandée. L’entreprise doit se conformer à la notice du fabricant afin d'élaborer un mode opératoire prévoyant a minima un étaiement en rive. Cet étaiement peut être réalisé, selon la hauteur, avec des cadres-étais ou des tours d'étaiement à montage en sécurité. Il faut que cet étaiement puisse assurer une stabilité provisoire des ouvrages durant la pose des prédalles alvéolaires et le coulage de la dalle de compression. Il doit être autostable et capable de reprendre les charges verticales liées au poids des prédalles et les contraintes dynamiques durant le coulage de la dalle. Il doit également pouvoir résister aux contraintes horizontales qui peuvent être générées durant la pose, notamment quand les opérateurs utilisent une barre à mine en about de prédalle. S'il n'est pas fourni par le fabricant, le plan d'étaiement doit être validé par un bureau d'études.

    2. Sensibiliser les salariés à la réalisation d'étaiement

    L'étaiement doit se réaliser conformément au plan d'étaiement qui précise l'emplacement des filières et l'espacement des étais. Le choix des étais dépend de la hauteur d'étaiement et de la charge à reprendre. Il faut tenir compte du déploiement de l'étai pour vérifier sa capacité portante. Au-delà de trois mètres, une semelle en bois filante doit être mise en place si le sol a une faible résistance au poinçonnement. Utiliser des trépieds ou, mieux encore, des cadres pour stabiliser les étais entre eux. Les DAP sont des éléments lourds. Il faut tenir compte de l’ensemble des charges propres d’exploitation afin de garantir la transmission des efforts à l’étaiement et vérifier notamment les efforts tranchants dans les poutrelles bois, poutrelles aluminium ou même poutrelles aciers.

    3. Prévoir des mesures compensatoires

    En l'absence d'étaiement de rive, des mesures compensatoires doivent être imaginées, étudiées et formalisées. Elles prendront notamment en compte :

    • Une vérification dimensionnelle des prédalles pour garantir les surfaces d’appui minimales nécessaires.
    • Un examen visuel préalable de la qualité des appuis et un ferraillage spécifique, sans gêne pour la pose des DAP.
    • Un contreventement des structures porteuses avant la pose des prédalles.
    • Un contrôle des implantations des ouvrages et des appuis des prédalles à l’avancement de la pose.

    Les opérateurs doivent évidemment connaître ce mode opératoire et l'encadrement de chantier doit veiller à ce qu'il soit scrupuleusement respecté.

    Solutions et ressources

    ÉQUIPEMENT. Une solution pour faciliter le coffrage de plancher

    Cet équipement est constitué de deux éléments : le Rapidal – un châssis contreventé sur quatre roues télescopiques articulées avec frein, équipé de vérins stabilisateurs et de reprise de charge réglables en hauteur à l'aide d'une clé à cliquet ou d'une boulonneuse, d'une poutre métallique liaisonnée sur deux poteaux télescopiques bloqués avec des broches doubles imperdables et de loquets de verrouillage – et le Lève-Rapidal, un chariot roulant sur trois roues articulées avec frein. Il est équipé de vérins électriques permettant le levage de la poutre du Rapidal. L'outil, grutable, est équipé de deux chaînettes à demeure. Toutes les opérations se font depuis le sol, ce qui supprime les travaux en hauteur. Roulant, il facilite les manutentions, supprime le port de charges, diminue les manœuvres et augmente les cadences. L'encombrement du plancher est réduit.

    265 - fiche AT - rapidal

    ÉQUIPEMENT. Un monte-tour sûr

    Alphi a développé un appareil permettant de monter les tours d’étaiement en sécurité jusqu’à une hauteur de 6 mètres. Le système soutient l’élément du dernier niveau, puis les autres éléments s’emboîtent par le dessous. L’opérateur reste ainsi au sol. Le risque de chutes de hauteur est supprimé, la pénibilité et les troubles musculo-squelettiques pris en compte : aucun élément n’est levé plus haut que le corps et il n’y a plus lieu de monter dans la tour avant que son montage ne soit terminé avec tous les éléments de sécurité.

    Monte-tour Alphi

    ÉQUIPEMENT. Une solution pour couler un poteau carton

    Le Normapost est un équipement conçu pour positionner, stabiliser et maintenir le poteau carton ainsi que les poutres bétons afin de réaliser simultanément le coulage du poteau et le clavetage des poutres en toute sécurité. La mise en place, le réglage et le coulage peuvent être effectués par une seule personne à l’aide des accessoires intégrés à l’outil. De multiples configurations sont possibles (standard, avec sous-hausse, superposés) grâce à des poteaux de différentes hauteurs.

    Normapost, une solution pour couler un poteau carton

    ÉQUIPEMENT. Un sabot de rive

    Le sabot d’étaiement Hünnebeck permet d’éliminer les appuis de rive au sol, afin de libérer les accès, la circulation dans les couloirs et les zones d’appuis délicates. Ce sabot de rive est composé de deux parties indépendantes : la platine (3 kg) et la console, et le vérin-fourche (7 kg). L'un des points forts de ce support est qu'il est escamotable, ce qui facilite la phase de décoffrage. Il est fixé sur le voile par une vis béton ou par tige traversante. Il a une reprise de charge admissible maximale de 1,5 tonne. Sa mise en œuvre en deux éléments distincts est facilitée notamment pour la fixation et la dépose de la platine sur le voile.

    265 - fiche AT- sabot de rive

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