Poussières de bois : un risque aujourd’hui sous contrôle

    ©Busakorn Pongparnit / Getty Images

    En résumé

    • Les poussières de bois sont classées agent CMR.
    • Normes et contrôles permettent de réduire le risque, avec une tendance baissière des pathologies.

    « La tendance globale des maladies liées aux poussières de bois est à la baisse depuis une vingtaine d’années », constate Mireille Loizeau, médecin du travail en Île-de-France. Cette amélioration est le résultat d’une politique de prévention des risques engagée par les professionnels et les pouvoirs publics il y a trente ans et des moyens de protection qui se développent.

    Poussières de bois : des risques traités à la source

    À l’atelier ou sur le chantier, les normes imposent une valeur limite d’exposition professionnelle (VLEP) inférieure à 1 mg/m3 d'air sur une journée de huit heures. Un laboratoire accrédité est chargé d'effectuer des mesures annuellement. En cas de dépassement, le salarié est mis en arrêt de travail et l’entreprise doit réaliser des actions correctives. Isabelle Monnerais, responsable de domaines risques chimiques services aux entreprises au sein de la direction technique de l’OPPBTP, complète : « Les poussières de bois sont classés cancérogènes. Des mesures de prévention adaptées aux risques doivent être mises en place afin de réduire l’exposition des salariés et prévenir toutes maladies professionnelles. » La prise de conscience des professionnels de l’usinage ou du façonnage du bois ainsi que les contrôles réguliers ont porté leurs fruits : le risque est désormais connu et bien traité.

    Les équipements collectifs, comme les systèmes d’aspiration à la source sur les machines fixes ou les aspirateurs industriels sur les chantiers, se sont largement développés. Les mesures organisationnelles contribuent également à limiter l’accès aux zones à risque, en encoffrant des machines ou en augmentant la rotation sur les postes de travail. Enfin, les équipements individuels limitent l’exposition aux poussières irréductibles (masques FFP2, aspiration sur les machines électroportatives…).

    Adopter des bons gestes pour prévenir les risques liés aux poussières de bois

    « Même si les entreprises ont amélioré les trois quarts de leurs pratiques, il est toujours possible de faire mieux, nuance Adrien Gaudron-Kim, responsable des métiers du bois au sein de l’OPPBTP. Et cela passe par l’adoption des bons gestes au quotidien et la formation des opérateurs. » Ainsi, le nettoyage régulier des établis de l’atelier par des systèmes d’aspiration, en proscrivant l’usage de la soufflette, est une mesure efficace. « Parfois, lors d’opérations particulières, l’opérateur peut être amené à démonter les systèmes de protection d’une toupie, s’exposant aux risques liés à l’outil tranchant ainsi qu’aux poussières, détaille Adrien Gaudron-Kim. Dans ce cas, pourquoi ne pas imposer le port du masque pour ces opérations ou mettre la machine dans une pièce fermée de l’atelier? » Des efforts marginaux pour des gains importants pour la santé des salariés.

    ❛❛ Les poussières de bois ont des règles de prévention spécifiques. ❜❜

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