Au sein de la SNIE, ces changements professionnels n’interviennent pas nécessairement à 45-50 ans. « Parfois, on va proposer des évolutions assez tôt, par anticipation avant même les restrictions ». L'élément déclencheur ? L’usure professionnelle ou une pathologie antérieure à l’arrivée dans l'entreprise. « Un jeune peut très bien avoir des problèmes de dos dès 30 ans. On n'est pas tous égaux au niveau médical », constate Joël Chêne.
Mais quitter l’ambiance des chantiers, le travail technique de la matière, pour se retrouver devant un clavier, ne va pas toujours de soi. « Quand on commence à parler, avec un salarié qui a travaillé vingt ans sur le terrain, de la nécessité d’envisager un métier sédentaire, il n'est pas toujours prêt. Donc, il faut l'accompagner sur le volet psychologique. En concertation avec le médecin du travail, on se donne parfois un délai », avoue Joël Chêne. Il est important de laisser le temps au temps pour une forme de deuil.
Les entretiens annuels permettent aussi de préparer le terrain, de cerner la fatigue physique, l’usure mentale, mais aussi les talents et aspirations des uns et des autres. « On est souvent très surpris », témoigne Joël Chêne. Au sein de la SNIE, la question du projet professionnel est encore plus directement abordée lors des entretiens professionnels bilan six ans. « Un moment riche et privilégié » pour ouvrir le dialogue et envisager à l’avance un projet alternatif motivant, sans être au pied du mur.
À lire dans le magazine PréventionBTP n°286, notre dossier Usure professionnelle : comment travailler différemment ? paru début juillet.