Comment réussir la mise en place de protections auditives sur mesure, quand la réduction à la source n’a pas suffi ? C’est à cette question qu’a voulu répondre Gwenolé Nexer, Cotral Lab, directeur de la performance et transformation dans son intervention. L’objectif est que les protections soient portées sur les chantiers, et le directeur a présenté les avantages du sur mesure selon lui. Tout d’abord la protection est adaptée puisqu’elle respecte la morphologie des conduits auditifs, elle est efficace car il faut passer les deux coudes du conduit et elle s’adapte aux métiers, elle est confortable et valorisante car l’entreprise a fait le choix d’investir pour le bien-être et la santé des salariés. De plus, la solution est évolutive, durable et économique. Il cite une étude de la Cramif de 2019 ayant calculé un coût annuel du bouchon à usage unique à 66 euros, comparé à 20 euros pour les bouchons sur mesure.
Gwenolé Nexer a rappelé l’importance de la prise d’empreinte, qui doit être de qualité, pour qu’ensuite les protections soient bien portées. Autre élément important : accompagner la mise en place et former les opérateurs au risque bruit. À cela s’ajoute un nécessaire contrôle d’efficacité des protections et une attention portée à l’hygiène pour éviter d’éventuelles irritations ou infections.
Sylvie Sermage, ingénieur application 3M, responsable gamme passive et communicante, est venue présenter la gamme passive des solutions proposées par 3M : bouchons à rouler, à tige, réutilisables, arceaux antibruit (peu utilisés dans le BTP), casques et coquilles. Avec pour chacune, leurs caractéristiques.
Un focus a été fait sur une solution communicante : Litecom plus, un casque avec talkie-walkie intégré, qui permet de communiquer en environnement bruyant, assurant une atténuation moyenne du bruit de 33 dB, avec une batterie rechargeable assurant 20 heures d’autonomie.
« Nous travaillons sur les actions à envisager à la source du bruit : changement de procédé, utilisation d’outils moins bruyants, expose Thomas Bonzom, ingénieur-conseil à la Carsat Languedoc Roussillon, responsable du centre interrégional de Mesures Physiques. Mais également sur les actions affectant la propagation du bruit et les actions sur le récepteur du bruit. » À savoir l’organisation du travail, la diminution de la durée d’exposition au bruit, et in fine la fourniture d’EPI.
Parmi les actions à la source du bruit, l’ingénieur-conseil a donné l’exemple du béton autolissant, qui a l’avantage de supprimer la vibration, évite le surfaçage, le ponçage et réduit le temps de bétonnage. Les mesures d’exposition relevées ont montré :
- Lors du travail sur béton banché classique : une mesure de bruit à 92 dB(A),
- Lors du travail sur béton banché autoplaçant : une mesure de bruit de 81 à 84 dB(A).
De plus, cela aboutit à la suppression de l’utilisation d’outils particulièrement bruyants (aiguilles vibrantes, piqueurs, hélicoptères…) et, de fait, réduit les expositions aux vibrations et améliore les postures. Le tout avec des gains financiers.
D’autres exemples d’action à la source ont été exposés comme celui d’une machine thermique pour projeter de l'enduit remplacée par une machine électrique, le remplacement d’une meuleuse par un coupe-tube à chaîne hydraulique pneumatique, etc.
Conseil aux entreprises : « La directive machines oblige à préciser le niveau sonore des machines, il est donc important d’intégrer le critère bruit dans votre choix. »
Par ailleurs, Thomas Bonzom a indiqué que les Carsat allaient financer des équipements moins vibrants à hauteur de 70 % grâce à la subvention risques ergonomiques (Fipu).