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    NGE Fondations

    ©NGE Fondations

    À partir du 20 avril, NGE Fondations (800 collaborateurs), devrait être présente sur une dizaine de chantiers en France, représentant environ 15 % de son activité en période normale. La filiale du groupe de BTP NGE, spécialisée dans les fondations spéciales, la mécanique des sols et la mécanique des roches, a toutefois poursuivi son activité peu après l’annonce du confinement, le 17 mars. Tout du moins sur deux chantiers urgents, à Sèvres (Hauts-de-Seine), pour le compte de la SNCF, et dans les Pyrénées orientales, pour celui de la direction Infrastructures Sud-Ouest, sur le chantier de la RN 116.

    « Sur ces deux chantiers où nous étions présents après des glissements de terrain survenus en début d’année, rappelle Christian Altazin, président de NGE Fondations, nous avons dû élaborer des protocoles d’intervention en sécurité prenant en compte les gestes barrières, avant même la sortie du guide de l’OPPBTP ».

    Des conditions de logement et de repas décentes

    Après un arrêt lié à l’annonce du confinement, le chantier de Sèvres a repris dès le 24 mars avec une équipe divisée par deux, ramenée à sept personnes, afin de travailler sur des points du chantier nécessitant une intervention technique urgente : des terres avaient envahi les voies ferrées qu’il fallait rouvrir. Quant au chantier de la RN 116, il a repris le 31 mars. « Nous avons redémarré en mode ‘précaution maximale” et sur la base du volontariat des salariés », souligne Christian Altazin.

    En contact régulier avec l’OPPBTP, l’entreprise a suivi ses conseils pour élaborer ses propres règles d’intervention en mode dégradé. « Tout d’abord, nous ne voulions pas reprendre tant qu’un problème majeur n’était pas résolu : les conditions de logement et de repas décentes pour nos collaborateurs, explique le président de NGE Fondations. Ils font de grands déplacements et souvent partagent des chambres d’hôtel. Nous avons dû trouver des hôtels ouverts, réserver une chambre par personne et s’assurer qu’ils seraient bien séparés physiquement lors des repas. » La livraison de repas pour le déjeuner a également été organisée. De plus, une entreprise de nettoyage disposée à passer plusieurs fois par jour a été retenue.

    Procédures en lien avec l’obligation de séparation d’un mètre

    « Nous avons écrit des procédures en lien avec l’obligation de séparation d’un mètre entre les opérateurs », ajoute Christian Altazin. Un vestiaire sur trois est utilisé et le nombre de bases vie a été doublé. De plus, « dans nos métiers, il est indispensable que nos opérateurs portent des masques. Ils sont actuellement équipés de masques FFP2 ou chirurgicaux: beaucoup d’intervenants se déplacent auprès de machines, dans la boue et dans un environnement de poussières. Et le respect de la distance d’un mètre est rendu impossible dans de nombreuses circonstances de travail. »

    Face à la pénurie de masques, l’entreprise élabore tous les vendredis son propre quota à mettre à disposition, en fonction du nombre de personnes qui vont travailler la semaine suivante. « Dans le contexte de tension actuelle sur les livraisons de masques hospitaliers, nous attendions beaucoup de pouvoir utiliser des masques alternatifs en tissu. Nous sommes donc satisfaits de la récente évolution réglementaire qui assouplit cet usage. Cela va dans le bon sens. » En effet, le 10 avril, l’OPPBTP a mis à jour son Guide de préconisations de sécurité sanitaire en période d’épidémie de Covid-19 afin de prendre en compte un avis de l’Agence nationale du médicament sur les conditions d’utilisation des masques alternatifs.

    « La difficulté qui va se présenter à nous maintenant va être de faire respecter les contraintes rigoureuses du guide de l’OPPBTP sur un nombre de chantiers de plus en plus important. En effet, ce qui a pu être organisé avec du surencadrement et une préparation accrue sur deux chantiers sera moins aisé à réitérer à plus grande échelle », souligne Christian Altazin.


    *Les informations au sujet de l’épidémie de Covid-19 évoluent rapidement. Ces propos ont été recueillis le 14 avril 2020

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