De son côté, Alain Delage, chef de projet ingénierie sociale chez Vinci, cite pour exemple le BIM, qui permet une meilleure coactivité et l’anticipation des flux et des volumes. Mais il met en avant les réflexes différents que peuvent avoir les digital natives avec cet outil face aux plus anciennes générations qui conservent en référence l’utilisation de plans en 2D. D’où un possible risque d’incompréhension. Autre exemple, « grâce au BIM, toutes les informations sont capitalisées au même endroit, mais qui le fait et le valide ? », se demande-t-il. Notamment si on est en présence d’une vingtaine de sous-traitants.
Philippe Robart, directeur technique de l’OPPBTP, constatant d’ores et déjà la cohabitation d’ouvrages réalisés de manière traditionnelle et de nouvelles catégories d’ouvrages, a plaidé pour la prévention intégrée en amont. Il faut la commencer « tout de suite », selon lui, si l’on veut atteindre l’ambition Vision Zéro, développée au cours du symposium de l’Association internationale de la Sécurité sociale, à Berlin, en juin dernier. Avec davantage de rénovations, par exemple, « quand on intervient sur de l’existant, on ne sait pas forcément où on met les pieds », souligne-t-il. D’où l’importance pour les intervenants de disposer de diagnostics de qualité. Autre exemple : le développement des parcs d’éoliennes nécessitera de la maintenance en hauteur, qu’il faut aussi anticiper.
L’anticipation est aussi le maître mot de Jacques Balzer, ingénieur conseil à la Carsat Alsace-Moselle, qui pointe la nécessité d’intégrer dès la conception, les modalités des interventions ultérieures sur ouvrages. D’autant que les nouveaux bâtiments vont de plus en plus se végétaliser et se couvrir de panneaux solaires. Cela demande de l’entretien. Il en profite pour rappeler qu’en aucun cas, « les protections collectives ne doivent être une variable d’ajustement pour remporter un marché. »
Les enjeux de développement durable, au cœur des préoccupations du secteur, sont abordés par Dominique Naert, directeur du master Executive immobilier et bâtiments durables, à l’Ecole des Ponts ParisTech. Avec le recours aux biomatériaux, géomatériaux plus sobres en carbone, il souligne la nécessité de « se réapproprier des techniques traditionnelles tout en allégeant la pénibilité associée. » L’expert note également que le déploiement de hautes technologies combinées à des technologies bas carbone va nécessiter des compétences hybrides. Un autre chantier pour le secteur.
Accéder au replay du webinaire sur le site de l’INRS.
Lire le document « Les bâtiments de demain : quels enjeux de santé et de sécurité au travail ? »
Lire l’article paru dans Hygiène & sécurité du travail.
*Ont participé au groupe de travail : Jacques Balzer (Carsat Alsace-Moselle), Marc Bury (Carsat Nord-Est), Alain Delage (Vinci), Jérémy Hauwn (Bouygues Construction), Véronique Lamblin (Futuribles), Dominique Naert (Ecole des Ponts ParisTech), Philippe Robart (OPPBTP), Jean-Christophe Visier (CSTB et Ademe), ainsi que Marc Malenfer, Michel Héry et Mathilde Silvan (INRS).