Une expérience a été menée en 2023 dans le groupe Aubert et Duval, une société française qui propose des solutions technologiques de pointe en métallurgie aux secteurs de l’aérospatiale et de la défense notamment. Le contexte : à la suite de la crise du Covid, un plan de départs volontaires a été organisé, mais ensuite, l’activité a explosé, d’où une extrême sollicitation des équipes, qui a provoqué des tensions, notamment sur le site de Pamiers. « L’inspecteur du travail nous a orientés vers l’Aract, pour mettre en place une démarche d’amélioration de la QVCT », a témoigné Christophe Arnal, directeur qualité. « La direction et les syndicats avaient une volonté commune de relancer une bonne dynamique », commente Audrey Senié, représentante CGC. « Nous avons vérifié que toutes les conditions étaient réunies pour instaurer un espace de discussion sur le travail, en partant du travail réel, afin d’initier une nouvelle manière de travailler ensemble », raconte Carine Belin, chargée de mission à l’Aract Occitanie.
La démarche a été expérimentée dans le service de traitement thermique où une nouvelle ligne de traitement, dotée d’un nouveau manager, générait des inquiétudes dans l’équipe d’une quarantaine de personnes. Un binôme – membre du Codir, IRP – s’est vu charger d’aller lui présenter la méthode et d’y recruter neuf volontaires représentatifs (en termes de genre, postes, travail de nuit, âge, ancienneté, intérimaires…) pour constituer un groupe de travail. Objectif : travailler pendant près de trois mois sur la charge de travail, prescrite et ressentie, au moyen, par exemple, de vidéos d’opérations dans les ateliers jugées problématiques au quotidien. Le groupe de travail a élaboré des pistes de travail sur l’organisation du travail et les investissements à réaliser, qui ont été priorisées et présentées au Copil QVCT. Et de l’aveu général, les résultats sont encourageants. « Les travailleurs relatent que les charges sont moins élevées sur les postes traités, d’où notre volonté de transposer les actions sur d’autres postes », affirme Christophe Arnal, qui a noté un ressaut « mesuré » de la productivité. « Cette démarche a permis de recréer une cohésion dans l’atelier, alors que certaines équipes ne se côtoient jamais », se félicite Audrey Senié.