Le rapport indique que la grande majorité des organisations participantes a souhaité souligner que les accidents graves ou mortels restent dans notre pays trop nombreux, même s’il faut toujours rappeler la difficulté statistique à comparer les sinistralités en Europe – la France étant l’un des seuls pays à considérer systématiquement les malaises sur le lieu de travail comme des accidents du travail.
Le document final fixe un objectif de réduction significative des accidents graves et mortels, adossé à un plan national ciblant les secteurs les plus accidentogènes : BTP, agriculture, logistique, intérim et aide à la personne. Parmi les leviers retenus : le renforcement des contrôles de l'inspection du travail, le développement de la prévention primaire directement sur les lieux de travail, et la lutte contre la sous-déclaration des AT-MP, phénomène qui fausse les statistiques et prive les victimes de leurs droits.
Le DUERP a été identifié par tous comme le pivot de la prévention des accidents.
Plusieurs points ont par ailleurs fait consensus :
- La formation des directions, des managers, des salariés et de leurs représentants, et des nouveaux arrivants qui n’ont pas d’expérience préalable de l’environnement professionnel, est jugée indispensable pour prendre conscience des situations de mise en danger et adopter les bons réflexes ;
- L’écoute des salariés est un préalable à toute démarche de prévention ;
- Le dialogue social et le dialogue professionnel sur la santé et la sécurité au travail doivent être renforcés, l'expérience des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2 024 servant de référence. Le rapport suggère de mener une réflexion, à partir de ce modèle, sur la limitation des niveaux de sous-traitance dans les secteurs les plus exposés, tout en reconnaissant que certaines contraintes des marchés publics peuvent y faire obstacle, tout comme le besoin de prévoir des dérogations justifiées par la réalisation d’opérations d’une technicité particulière.
Les participants ont conclu en s'accordant sur le fait que, pour être véritablement efficace, la culture de prévention devait être partagée par l’ensemble des acteurs de l’entreprise : l’employeur et ses délégataires, en tant qu’ils sont responsables légalement de garantir la santé et la sécurité dans l’entreprise, mais également les salariés eux-mêmes qui doivent pleinement s’approprier et appliquer l’ensemble des mesures de prévention, en responsabilité. La prévention des conduites addictives est citée en exemple : le phénomène prend de l’ampleur en milieu professionnel s’agissant en particulier des stupéfiants, et cela démultiplie le risque d’accident au travail.