Concernant d'éventuelles évolutions générationnelles, la jeune dirigeante a pointé des efforts de sensibilisation aux enjeux de genre autrefois absents, et davantage d’incitations aujourd’hui pour les filles à découvrir les métiers du BTP. Arnaud Bidet a toutefois rappelé la « menace masculiniste » très présente du côté des jeunes hommes, face à laquelle il faut « tenir bon ».
Les chantiers sont-ils prêts à accueillir la mixité ? Éléonore Deshayes assure que oui, à condition que « tout le monde y mette du sien », des commerciaux aux clients en passant par les chefs d’entreprise. « Chez Sonepar, mon responsable me questionne régulièrement sur la façon dont je me sens, et si demain il y a un problème je pourrai en parler librement », se félicite-t-elle.
En pratique, l’arrivée d’une femme sur le terrain continue à susciter, souvent, la surprise, et parfois encore des réactions défavorables. Ainsi Olga Alexandre a raconté comment elle avait réussi à désamorcer l’attitude d’abord hostile d’une équipe côtoyée sur un chantier de rénovation. Elle en conclut qu’on doit « ne rien laisser passer », mais aussi qu’il est possible de le faire « sans s’énerver ». La curiosité a aussi pu tourner dans certains cas à son avantage : un nouveau client, après l’avoir prise pour la secrétaire de son mari, qui l’aidait ce jour-là à transporter un ballon sur un chantier, a reconnu ses compétences et a ensuite continué à faire appel à elle régulièrement.